Jeux Européens

La Russie brille dans les finales de lutte libre des Jeux Européens

By United World Wrestling Press

MINSK, Biélorussie (le 26 juin) - Au deuxième jour des Jeux Européens de Minsk, en Biélorussie, la Russie fait le full dans les finales de lutte libre.

Médaillés d'or pour la Russie ce mercredi soir, Zaurbek SIDAKOV (74kg), Dauren KURUGLIEV (86kg) et Anzor KHIZRIEV (125kg).

Le quatrième titre du jour revient à Mahir AMIRASLANOV (AZE) en 57kg.

Sidakov, champion du monde en titre classé No.1 mondial, a obtenu un tombé sur le champion olympique et médaillé mondial Soner DEMIRTAS (TUR) dès la première période de la finale des 74kg. Après un amené au sol sur ramassement de jambe simple, le Russe de 23 ans a mis son adversaire au sol par une coquille et obtient le tombé après deux minutes de combat.

Kurugliev, deux fois champion du Yarygin, s'est défait du quadruple médaillé mondial Ali SHABANAU (BLR) 3-2 lors de la finale des 86kg. Shabanau a tout d'abord obtenu un point pour passivité avant que Kurugliev ne fasse de même en seconde période et prenne la tête sur critères. À moins d'une minute de la fin, Shabanau s'est vu notifier une période d'activité, pendant laquelle il a pu obtenir un amené au sol, pour un score final de 3-1 en sa faveur.

Khizriev obtient le titre des 125kg dans un combat âprement mené contre le champion du monde des U23 Givi MATCHARASHVILI (GEO), vaincu 8-2. Après avoir obtenu un point pour passivité, Khizriev inscrit un amené au sol en seconde période et mène alors 3-0. À 1:15 de la cloche, le Géorgien obtient lui-même un amené au sol : 3-2. Matcharashvili tente une action désespérée à la dernière seconde du combat, mais Khizriev contre et ajoute 5 points à son compteur.

Amiraslanov, médaillé européen de bronze et champion du monde junior en 2015, a ouvert la session des finales par une victoire convaincante 9-1 sur Stevan MICIC (SRB) en 57kg. Amiraslanov a rapidement inscrit quatre points sur une ceinture arrière exécutée en souplesse, ajoutant une sortie de tapis pour mener 5-0 à la pause. Amiraslanov a su contrer les attaques de Micic en seconde période, rajoutant deux amenés au sol pour définitivement élargir l'écart.

Classé No.1 mondial, Suleyman ATLI (TUR) décroche la médaille de bronze des 57kg en se défaisant de Taras MARKOVYCH (UKR) 12-9. L'autre revient au champion du monde en titre Zavur UGUEV (RUS), aisément vainqueur de Georgi VANGELOV (BUL) par 10-2.

Les médailles de bronze des 74kg reviennent à Avtandil KENTCHADZE (GEO) et Khadzhimurad GADZHIYEV (AZE). Kentchadze, médaillé mondial d'argent, bat Azamat NURYKAU (BLR) 8-5 tandis que Gadzhiyev écrase Vasyl MYKHAILOV (UKR) 9-1.

Myles AMINE (SMR) prend le meilleur sur Alexander GOSTIYEV (AZE), 3-3 sur critères pour le bronze des 86kg, et obtient la première médaille de Jeux Européens de l'histoire de Saint-Marin. Ahmed DUDAROV (GER) vainc le médaillé mondial d'argent Fatih ERDIN (TUR) 10-8, catégorie des 86kg.

Jammaladdin MAGOMEDOV (AZE) domine Rares CHINTOAN (ROU) et décroche le bronze des 125kg ; la seconde médaille de la catégorie revient à Oleksandr KHOTSIANIVSKYI (UKR), vainqueur de Faith YASARLI (TUR) 2-1. 

RÉSULTATS

57kg
OR - Mahir AMIRASLANOV (AZE) df. Stevan MICIC (SRB), 9-1
BRONZE - Suleyman ATLI (TUR) df. Taras MARKOVYCH (UKR), 12-9
BRONZE - Zavur UGUEV (RUS) df. Georgi VANGELOV (BUL), 10-2

74kg
OR - Zaurbek SIDAKOV (RUS) df. Soner DEMIRTAS (TUR) by fall at 2:04
BRONZE - Avtandil KENTCHADZE (GEO) df. Azamat NURYKAU (BLR), 8-5
BRONZE - Khadzhimurad GADZHIYEV (AZE) df. Vasyl MYKHAILOV (UKR), 9-1

86kg
OR - Dauren KURUGLIEV (RUS) df. Ali SHABANAU (BLR), 3-2
BRONZE - Ahmed DUDAROV (GER) df. Fatih ERDIN (TUR), 10-8
BRONZE - Myles AMINE (SMR) df. Alexander GOSTIYEV (AZE), 3-3 

125kg
OR - Anzor KHIZRIEV (RUS) df. Givi MATCHARASHVILI (GEO), 8-2
BRONZE - Jammaladdin MAGOMEDOV (AZE) df. Rares CHINTOAN (ROU), 12-2
BRONZE - Oleksandr KHOTSIANIVSKYI (UKR) df. Faith YASARLI (TUR), 2-1
 

Mariage, enfant et diplôme de médecine sur la route des JO de Jane Valencias (MEX)

By Eric Olanowski

CORSIER-SUR-VEVEY, Switzerland (April 7) – Il aura fallu dix ans, trois pays, un mariage, un enfant et un diplôme de médecine à Jane VALENCIAS pour que le Mexique obtienne sa première qualification olympique en lutte féminine. 

“Ma mère m'a appris que si je travaillais dur, j'arriverai là où je le voudrais," raconte Jane.  “En regardant maintenant mes réussites, je crois qu'elle avait raison.”

Ce qu'elle voulait fut toujours clair : mère, médecin et lutteuse olympique. Mais l'obtenir exigea patience et sacrifice. 

"J'ai commencé mes études en 2009 et les ai terminées en 2019. Il faut normalement six ans du début à la fin, mais il m'a fallu 10 ans parce que je les ai arrêtées deux fois pour lutter."

Jane Valencia a obtenu son diplôme de l'université Guadalajara Lamar au printemps 2019.

Aujourd'hui la combative “Drsse Valencia”, 57kg, cherche à obtenir sa licence pour lutter au Mexique et aux Etats-Unis. Son mari, le vice-champion olympique 2012 Jaime ESPINAL (PUR), est portoricain et obtenir pour Jane sa licence aux USA lui permettrait de lutter au Mexique, aux Etats-Unis et à Porto-Rico, un territoire américain. “Cela me prendra du temps. La procédure durera un an, un an et demi," dit-elle. "Mais après les Jeux, j'espère avoir assez d'argent pour payer la paperasserie et le test pour passer ma licence."  

Après son diplôme, Jane a déménagé du Mexique aux Etats-Unis pour rejoindre son mari et s'entraîner au club de lutte de Nittany Lion sous la tutelle des champions olympiques Cael SANDERSON (USA) et Jake VARNER (USA). Un tout petit peu plus d'un an après être remontée sur les tapis, elle est devenue la première lutteuse mexicaine de l'histoire à atteindre les Jeux Olympiques, grâce à une victoire en 57kg au tournoi panaméricain de qualification olympique d'Ottawa.

Jane VALENCIA'S (MEX) avec sa fille Joy au sommet du podium du tournoi panaméricain de qualification olympique. (Photo : Tony Rotundo)

Après avoir échoué d'un combat pour se qualifier aux Jeux de Rio en 2016, Valencia a fait une pause de trois ans avant de réaliser qu'elle avait quelque chose à se prouver. Au milieu de cette retraite, jalonnée d'expériences marquantes telles que se marier, donner naissance à un enfant et passer son diplôme de médecin, Valencia a pu observer les réussites de Natalia VOROBEVA (RUS) et Sofia Mattsson (SWE) après leurs accouchements.

"J'ai pris Vorobeva et Mattsson comme exemple. Elles ont fait leur retour après avoir eu un enfant et étaient très bonnes. Cela m'a montré que je pouvais être maman et toujours bonne en lutte."

"Je sais que c'est fou, mais quelque chose à l'intérieur de moi me disait que j'avais besoin de revenir. Je révais toutes les nuits de remonter sur le tapis. Vous savez, quand vous luttez, vous n'arrêter jamais vraiment. C'est une part de votre vie."

Valencia, qui a donné naissance à sa fille Joy le 31 mai 2017, est remontée sur le tapis pour la première fois en février 2019 à l'occasion du Cerro Pelado. Elle fut vaincue en finale par Amanda HERNANDEZ (CUB) et dut se contenter de la médaille d'argent. Sa deuxième apparition prit place une année plus tard à Ottawa, au Canada, pour le tournoi panaméricain de qualification olympique, où elle devait atteindre les finales pour composter son ticket pour les JO.

Quelques jours avant cette compétition, elle déclarait : "Tout le monde veut gagner le qualificatif. Je savais que [la championne olympique, ndlr] Helen [Maroulis, ndlr] serait là, alors je me suis entraînée en préparant mon mental pour lutter les meilleurs combat de ma carrière." 

A Ottawa, Valencia a ouvert les feux par deux victoires décisives sur Betzabeth SARCO COLMENAREZ (VEN) et Nes RODRIGUEZ TIRADO (PUR) -- pour atteindre un combat quitte ou double pour la qualification olympique face à la championne du monde en titre canadienne Linda MORIAS (CAN).

La scène était montée et l'enjeu simple : vaincre Morias et aller aux JO ou perdre et rentrer comme en 2016, sans place olympique.

Rejoignant les demi-finales, Jane se disait : "Aie foi en toi-même, ta préparation et lutte. Amuse-toi."  

Lors de ce combat, Jane barra une précoce tentative de double ramassement de jambe de la part de Morais, contre-attaquant en projection en prise de bras par la droite et amené au sol, prenant la tête 4-0. "Je l'avais vue lutter avant, alors je savais parfaitement ce qu'elle tenterait de faire."  

En fin de partie, c'est un ramassement de jambe intérieur que stoppa Jane avant de projeter Morais au sol à nouveau. Mais cette fois, ce fut pour un infliger un tombé à la championne du monde. "A ce moment, je ne pensais pas à ce qui allait advenir. J'ai seulement réagi : je me suis relaxée, et mon corps a réagit."

Grâce à cette victoire sur Morais, Jane Valencia est devenue la première Mexicaine de l'histoire qualifiée pour les Jeux Olympiques.

Elle espère ainsi montrer aux jeunes Mexicaines qu'elles ont un modèle à suivre. "Je n'avais pas de modèle, alors j'ai fabriqué mon propre exemple," dit-elle.

"Maintenant, c'est une chance énorme. Avant, les jeunes filles avaient au Mexique un rêve olympique, mais elles n'avaient pas d'exemple. Elles n'avaient personne à suivre. Maintenant qu'elles ont vu quelqu'un atteindre cet objectif, elle peuvent se dire 'Moi aussi je peux me qualifier'."

Jane continue sa préparation pour les Jeux tout en s'entraînant au Nittany Lion. Elle aspire à devenir médaillée olympique mais dit que remporter une médaille olympique ne la définirait pas en tant que lutteuse, femme ou mère. "Gagner une médaille olympique est mon objectif pour l'instant. Mais nous valons plus qu'une médaille et une médaille ne change pas votre vie. Une médaille n'est pas suffisante pour faire de vous une bonne personne."

Dans un message à destination de la communauté de la lutte, elle déclare :“Ces moments où nous sommes à la maison, ignorant de ce que le futur nous réserve, je vous demande d'être patients et d'avoir la foi. Ayez la foi que ceci arrivera, que nous remonterons sur les tapis pour faire ce qui nous passionne. Gardez votre esprit occupé avec les petites choses du quotidien et vivons un jour à la fois. Restez positifs, en bonne santé et, par-dessus tout, concentrez-vous sur l'objectif qui nous attend.”