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Les Etats-Unis remportent neuf médailles d'or aux Pan-Ams

By Vinay Siwach

BUENOS AIRES, Argentine (6 mai) -- Il ne faisait aucun doute que les USA domineraient la dernière journée des championnats panaméricains à Buenos Aires. Et à l'exception d'une catégorie de poids sur les huit en action samedi, les lutteurs américains ont remporté des médailles d'or.

La ruée vers l'or a débuté avec le médaillé d'argent des championnats du monde Thomas GILMAN (USA) qui a défendu son titre panaméricain en 57kg. Dans une performance dominante en finale, il a battu Darian CRUZ (PUR) 10-0. Lors des ses trois combats, Gilman a surpassé ses adversaires 32-0 et a montré pourquoi il est considéré comme l'un des meilleurs lutteurs de sa catégorie.

John DIAKOMIHALIS (USA)John DIAKOMIHALIS (USA) a remporté la médaille d'or des 65kg. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

Outre Gilman, deux autres médaillés d'argent des championnats du monde ont remporté l'or samedi.

John DIAKOMIHALIS (USA) était opposé au double médaillé mondial Alejandro VALDES (CUB) en finale des 65kg et s'est battu pour obtenir une victoire 4-1, remportant le titre. Les deux lutteurs se sont échangés des passivités mais Diakomihalis a réussi à marquer un takedown pour deux points tard dans la finale que Valdes a contesté mais perdu.

En demi-finale, Diakomihalis était en grande difficulté car Agustin DESTRIBATS (ARG) menait 7-7 sur critères. Mais il a lancé un double et un petit struggle, a réussi à soulever Destribats sur ses épaules avant de le faire atterrir hors de la zone pour marquer un point et remporter un combat trépident.

En 70kg, Zain RETHERFORD (USA) n'a fait aucune erreur dans sa course pour la médaille d'or. En finale contre Connor QUINTON (CAN), Retherford a remporté le match par tombé.

Kyle DAKE (USA)Kyle DAKE (USA) a défendu son titre panaméricain en 74kg. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

Deux champions du monde des USA ont ajouté deux médailles d'or supplémentaires au palmarès de leur pays. Kyle DAKE (USA) et Kyle SNYDER (USA) ont gagné dans leurs catégories de poids respectives, 74kg et 97kg.

Surpassant ses adversaires 40-0 en quatre combats, Dake a réalisé une performance impressionnante en 74kg et a battu Franklin GOMEZ (PUR) 10-0 pour défendre son titre.  Même en 2022, Dake a battu Gomez pour remporter l'or.

Snyder a été un peu moins dominant au cours de ses trois combats mais a toujours fait le travail, défendant son titre panaméricain en 97kg qu'il avait remporté en 2022. Il a battu Arturo Silot TORRES (CUB) 14-3 pour remporter la médaille d'or.

Dans le tournoi à la ronde des 61kg, Vitali ARUJAU (USA) a remporté la médaille d'or en remportant ses quatre combats avec facilité. Jason LUNEAU (CAN) a été le seul lutteur a marqué un point contre Arujau qui a tout de même remporté le combat du deuxième tour, 14-4. Dans le combat décisif, Arujau a battu Joseph SILVA (PUR) 11-0 pour confirmer sa médaille d'or.

Dominique BRADLEY (USA), 24 ans, a remporté la neuvième médaille d'or sur dix pour les USA. Il a affronté Jose ROBERTTI (VEN) en finale et a remporté une victoire serrée 2-1 pour décrocher son troisième titre panaméricain, six ans après avoir remporté le deuxième.

Yurieski TORREBLANCA (CUB)Yurieski TORREBLANCA (CUB) a été le seul champion non américain en lutte libre. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

Torreblanca empêche

Yurieski TORREBLANCA (CUB) a battu Mark HALL (USA) en demi-finale, empêchant les USA de faire table rase sur les médailles d'or. Il a remporté lôr après avoir battu Alexander MOORE (CAN) en finale des 86kg. Moore a essayé de trouver un moyen de marquer sur Torreblanca mais n'y est pas parvenu, le cubain remporte l'or 5-1.

RESULTATS

57kg
OR : Thomas GILMAN (USA) a battu Darian CRUZ (PUR), 10-0

BRONZE: Pedro MEJIAS RODRIGUEZ (VEN) a battu Darthe CAPELLAN (CAN), 10-7
BRONZE: Santiago CHAVECO (CUB) a battu Hernan ALMENDRA (ARG), 8-3

61kg
OR : Vitali ARUJAU (USA)
SILVER: Joseph SILVA (PUR)
BRONZE: Jason LUNEAU (CAN)

65kg
OR : John DIAKOMIHALIS (USA) a battu Alejandro VALDES (CUB), 4-1

BRONZE: Agustin DESTRIBATS (ARG) a battu Sixto PEDRAGAS (PER), 11-0
BRONZE: Sebastian RIVERA (PUR) a battu Albaro CAMACHO (DOM), 9-2

70kg
OR : Zain RETHERFORD (USA) a battu Connor QUINTON (CAN), par tombé

BRONZE: Mauricio LOVERA (ARG) a battu Vinicius DA SILVA JOAQUIM (BRA), 6-4

74kg
OR : Kyle DAKE (USA) a battu Franklin GOMEZ (PUR), 10-0

BRONZE: Cesar ALVAN (BRA) a battu Anthony CHIRINOS (VEN), 4-2
BRONZE: Franklin MAREN (CUB) a battu Adam THOMSON (CAN), 4-3

86kg
OR : Yurieski TORREBLANCA (CUB) a battu Alexander MOORE (CAN), 5-1

BRONZE: Mark HALL (USA) a battu Bruno NICOLETTI (BRA), 11-0
BRONZE: Carlos IZQUIERDO (COL) a battu Pedro CEBALLOS FUENTES (VEN), 7-6

97kg
OR : Kyle SNYDER (USA) a battu Arturo SILOT TORRES (CUB), 14-3

BRONZE: Nishan Preet RANDHAWA (CAN) a battu Ricardo BAEZ (ARG), 5-1
BRONZE: Luis PEREZ SOSA (DOM) a battu Maxwell LACEY (CRC), par tombé

125kg
OR : Dominique BRADLEY (USA) a battu Jose DIAZ ROBERTTI (VEN), 2-1

BRONZE: Catriel MURIEL (ARG) a battu Elison GARCIA (DOM), 5-2
BRONZE: Aaron JOHNSON (JAM) a battu Reineris SALAS (CUB), sur blessure.

Mariage, enfant et diplôme de médecine sur la route des JO de Jane Valencias (MEX)

By Eric Olanowski

CORSIER-SUR-VEVEY, Switzerland (April 7) – Il aura fallu dix ans, trois pays, un mariage, un enfant et un diplôme de médecine à Jane VALENCIAS pour que le Mexique obtienne sa première qualification olympique en lutte féminine. 

“Ma mère m'a appris que si je travaillais dur, j'arriverai là où je le voudrais," raconte Jane.  “En regardant maintenant mes réussites, je crois qu'elle avait raison.”

Ce qu'elle voulait fut toujours clair : mère, médecin et lutteuse olympique. Mais l'obtenir exigea patience et sacrifice. 

"J'ai commencé mes études en 2009 et les ai terminées en 2019. Il faut normalement six ans du début à la fin, mais il m'a fallu 10 ans parce que je les ai arrêtées deux fois pour lutter."

Jane Valencia a obtenu son diplôme de l'université Guadalajara Lamar au printemps 2019.

Aujourd'hui la combative “Drsse Valencia”, 57kg, cherche à obtenir sa licence pour lutter au Mexique et aux Etats-Unis. Son mari, le vice-champion olympique 2012 Jaime ESPINAL (PUR), est portoricain et obtenir pour Jane sa licence aux USA lui permettrait de lutter au Mexique, aux Etats-Unis et à Porto-Rico, un territoire américain. “Cela me prendra du temps. La procédure durera un an, un an et demi," dit-elle. "Mais après les Jeux, j'espère avoir assez d'argent pour payer la paperasserie et le test pour passer ma licence."  

Après son diplôme, Jane a déménagé du Mexique aux Etats-Unis pour rejoindre son mari et s'entraîner au club de lutte de Nittany Lion sous la tutelle des champions olympiques Cael SANDERSON (USA) et Jake VARNER (USA). Un tout petit peu plus d'un an après être remontée sur les tapis, elle est devenue la première lutteuse mexicaine de l'histoire à atteindre les Jeux Olympiques, grâce à une victoire en 57kg au tournoi panaméricain de qualification olympique d'Ottawa.

Jane VALENCIA'S (MEX) avec sa fille Joy au sommet du podium du tournoi panaméricain de qualification olympique. (Photo : Tony Rotundo)

Après avoir échoué d'un combat pour se qualifier aux Jeux de Rio en 2016, Valencia a fait une pause de trois ans avant de réaliser qu'elle avait quelque chose à se prouver. Au milieu de cette retraite, jalonnée d'expériences marquantes telles que se marier, donner naissance à un enfant et passer son diplôme de médecin, Valencia a pu observer les réussites de Natalia VOROBEVA (RUS) et Sofia Mattsson (SWE) après leurs accouchements.

"J'ai pris Vorobeva et Mattsson comme exemple. Elles ont fait leur retour après avoir eu un enfant et étaient très bonnes. Cela m'a montré que je pouvais être maman et toujours bonne en lutte."

"Je sais que c'est fou, mais quelque chose à l'intérieur de moi me disait que j'avais besoin de revenir. Je révais toutes les nuits de remonter sur le tapis. Vous savez, quand vous luttez, vous n'arrêter jamais vraiment. C'est une part de votre vie."

Valencia, qui a donné naissance à sa fille Joy le 31 mai 2017, est remontée sur le tapis pour la première fois en février 2019 à l'occasion du Cerro Pelado. Elle fut vaincue en finale par Amanda HERNANDEZ (CUB) et dut se contenter de la médaille d'argent. Sa deuxième apparition prit place une année plus tard à Ottawa, au Canada, pour le tournoi panaméricain de qualification olympique, où elle devait atteindre les finales pour composter son ticket pour les JO.

Quelques jours avant cette compétition, elle déclarait : "Tout le monde veut gagner le qualificatif. Je savais que [la championne olympique, ndlr] Helen [Maroulis, ndlr] serait là, alors je me suis entraînée en préparant mon mental pour lutter les meilleurs combat de ma carrière." 

A Ottawa, Valencia a ouvert les feux par deux victoires décisives sur Betzabeth SARCO COLMENAREZ (VEN) et Nes RODRIGUEZ TIRADO (PUR) -- pour atteindre un combat quitte ou double pour la qualification olympique face à la championne du monde en titre canadienne Linda MORIAS (CAN).

La scène était montée et l'enjeu simple : vaincre Morias et aller aux JO ou perdre et rentrer comme en 2016, sans place olympique.

Rejoignant les demi-finales, Jane se disait : "Aie foi en toi-même, ta préparation et lutte. Amuse-toi."  

Lors de ce combat, Jane barra une précoce tentative de double ramassement de jambe de la part de Morais, contre-attaquant en projection en prise de bras par la droite et amené au sol, prenant la tête 4-0. "Je l'avais vue lutter avant, alors je savais parfaitement ce qu'elle tenterait de faire."  

En fin de partie, c'est un ramassement de jambe intérieur que stoppa Jane avant de projeter Morais au sol à nouveau. Mais cette fois, ce fut pour un infliger un tombé à la championne du monde. "A ce moment, je ne pensais pas à ce qui allait advenir. J'ai seulement réagi : je me suis relaxée, et mon corps a réagit."

Grâce à cette victoire sur Morais, Jane Valencia est devenue la première Mexicaine de l'histoire qualifiée pour les Jeux Olympiques.

Elle espère ainsi montrer aux jeunes Mexicaines qu'elles ont un modèle à suivre. "Je n'avais pas de modèle, alors j'ai fabriqué mon propre exemple," dit-elle.

"Maintenant, c'est une chance énorme. Avant, les jeunes filles avaient au Mexique un rêve olympique, mais elles n'avaient pas d'exemple. Elles n'avaient personne à suivre. Maintenant qu'elles ont vu quelqu'un atteindre cet objectif, elle peuvent se dire 'Moi aussi je peux me qualifier'."

Jane continue sa préparation pour les Jeux tout en s'entraînant au Nittany Lion. Elle aspire à devenir médaillée olympique mais dit que remporter une médaille olympique ne la définirait pas en tant que lutteuse, femme ou mère. "Gagner une médaille olympique est mon objectif pour l'instant. Mais nous valons plus qu'une médaille et une médaille ne change pas votre vie. Une médaille n'est pas suffisante pour faire de vous une bonne personne."

Dans un message à destination de la communauté de la lutte, elle déclare :“Ces moments où nous sommes à la maison, ignorant de ce que le futur nous réserve, je vous demande d'être patients et d'avoir la foi. Ayez la foi que ceci arrivera, que nous remonterons sur les tapis pour faire ce qui nous passionne. Gardez votre esprit occupé avec les petites choses du quotidien et vivons un jour à la fois. Restez positifs, en bonne santé et, par-dessus tout, concentrez-vous sur l'objectif qui nous attend.”