L'Hebdo !

L'Hebdo du 21 janvier !

By Eric Olanowski

En revue, la performance hors du commun de Mohammadian au Matteo Pellicone, le sixième titre de Lorincz en événement de série de classement, la remontée de huit points et victoire de Zhou sur Mensah-Stock, le championnat russe de lutte gréco-romaine et, de Suède, les résultats de l'Open Klippan Lady.

1. Mohammadian en survol au Matteo Pellicone ; victoire de Dake pour ses débuts en 74kg 
L'Iranien Mohammadhossein MOHAMMADIAN (IRI) a offert, dans la catégorie des 97kg au Matteo Pellicone et jusqu'au titre, une performance hors du commun : cinq victoires dont une par tombé sur un champion olympique, les autres sur un champion du monde des U23, un médaillé mondial de bronze, un cinquième mondial et le vice-champion d'Europe.

Mohammadian a commencé sa journée en écrasant par 11 à rien Alisher YERGALI (KAZ), cinquième place aux mondiaux de Noursoultan, un résultat qui avait permis au Kazakhstan de se qualifier pour les JO de 2020. L'Iranien a enchaîné avec une seconde victoire par supériorité technique, cette fois sur le champion du monde en titre des U23 Bo NICKAL (USA), remportée 10-0.

En quart de finale, Mohammadian a décroché ce qui constitue probablement la plus grande victoire de sa carrière en vainquant sans appel le champion olympique Kyle Snyder par 8-0. Suit un autre coup d'éclat, une victoire par 11-0 sur le médaillé mondial de bronze 2018 Abraham de Jesus CONYEDO RUANO (ITA), qui le place en finale pour affronter Aliaksandr HUSHTYN (BLR) pour le titre des 97kg. Cerise sur le gâteau et cinquième jeu blanc, il y écrase Hushtyn 9-0 et remporte le premier titre d'événement de série de classement (ESC) de sa carrière, quittant le Pellicone sur un résultat de 41-0.

Kyle DAKE (USA), pour ses débuts en 74kg, s'est permis de démembrer en 35 secondes un champion du monde et champion olympique en finale de cette catégorie olympique. Dake, l'un des trois champions du monde américains de lutte libre au Pellicone, vainc Soner DEMIRTAS (TUR) et rejoint Thomas GILMAN (USA) et Zahid VALENCIA (USA) au sommet du podium.

À 16 secondes, Dake menait 7-0.  Après une fuite de prise de son adversaire et une position ordonnée par terre, l'Américain s'est retrouvé dessus. Enchaînant sur deux ceintures en pont, Dake obtient une victoire par supériorité technique en 11-0 - et son second titre en ESC.

Matteo Pellicone FS
Mohammadian broie Snyder sur la route du titre au Matteo Pellicone (en anglais)
Dake démembre Demirtas pour ses débuts en 74kg ; les USA trois fois médaillés d'or (en anglais)

Interviews:
Interviews des champions de lutte libre

RÉSULTATS 
57kg - Thomas Patrick GILMAN (USA) df. Joseph Daniel COLON (USA), 4-3
61kg - (Nordic Style) - Kumar RAVI (IND) df. Nurislam SANAYEV (KAZ), 6-0
65kg - Bajrang BAJRANG (IND) df. Jordan Michael OLIVER (USA), 4-3
74kg - Kyle Douglas DAKE (USA) df. Soner DEMIRTAS (TUR), 11-0 
86kg - Zahid VALENCIA (USA) df. Alexander David DIERINGER (USA), 7-5 
97kg - Mohammadhossein MOHAMMADIAN (IRI) df. Aliaksandr HUSHTYN (BLR), 9-0 
125kg - Amir Hossein Abbas ZARE (IRI) df. Bilial MAKHOV (RUS), 5-3 

Viktor LORINCZ (HUN) se défait de Kumar SUNIL (IND) par 2-1 en 87kg et devient le premier lutteur à remporter six titres d'ESC. (Photo : Kadir Caliskan)

2. Lorincz devient le premier lutteur six fois titré en événement de série de classement 
À son arrivée au Matteo Pellicone, le Hongrois Viktor LORINCZ (HUN) détenait déjà autant de titres d'ESC qu'il y a de doigts sur une main. Pour le Lutteur de l'Année 2019 en gréco-romaine, une ne suffit désormais plus : il s'est emparé de la sixième médaille d'or de sa carrière en ESC mercredi soir dans la ville côtière d'Ostia.

Le Hongrois avait accumulé 19 victoires lors de ses apparitions aux cinq précédents ESC. Il en est aujourd'hui à 23 victoires pour 0 défaite, vainqueur en finale du Pellicone du médaillé d'argent d'Asie Kumar SUNIL (IND) par 2-1 en catégorie de poids des 87kg.

“Je suis très heureux d'avoir gagné ce tournoi et je compte bien continuer sur ma lancée. Je veux remporter les deux prochains qualificatifs (le championnat d'Europe et l'Open de Pologne) pour avoir la meilleure tête de série possible aux JO”, a déclaré Lorincz.

Lors de la première période de la finale du Pellicone, le vice-champion du monde 2018 a récolté un point pour inactivité et un autre pour une sortie de tapis, un avantage réduit ensuite à un seul point pour cause d'inactivité de sa part. Mais le marteau hongrois a pu compter sur ses fameuses capacités défensives pour ne plus rien céder jusqu'à sa victoire par 2-1, et accrocher à son tableau une sixième médaille d'or d'ESC.

“Je suis venu pour gagner. J'ai eu quelques combats difficiles, et je ne suis pas là où j'ai envie d'être. Je veux [développer] ma force et ma puissance pour les autres tournois.”

Matteo Pellicone GR
Lorincz décroche son sixième titre d'ESC

Interviews:
Interviews des champions de lutte gréco-romaine

RÉSULTATS
55kg - (Tournoi nordique) - Dogus AYAZCI (TUR) df. Max Emiliano NOWRY (USA), 9-0 
60kg - Sailike WALIHAN (CHN) df. Islomjon BAKHRAMOV (UZB), 4-3 
63kg - (Tournoi nordique) -  Andres MONTANO ARROYO (VEN) df. Stig-Andre BERGE (NOR), 11-0 
67kg -  Makhmud BAKHSHILLOEV (UZB) df. Abouhalima ABOUHALIMA (EGY), 3-1
72kg -  Mohamed Ibrahim Elsayed Ibrahi ELSAYED (EGY) df. Selcuk CAN (TUR), par tombé 
77kg - Zotlan LEVAI (HUN) df. Yunus Emre BASAR (TUR), par tombé 
82kg - Singh GURPREET (IND) df. Burhan AKBUDAK (TUR), 8-5 
87kg - Viktor LORINCZ (HUN) df. Kumar SUNIL (IND), 2-1 
97kg - Nikoloz KAKHELASHVILI (ITA) df. Felix BALDAUF (NOR), 5-4 
130kg - Abdellatif MOHAMED (EGY) df. Moises PEREZ HELLBURG (VEN), par tombé 

3. Zhou Shocks Mensah remonte de huit points
Ce n'est pas un secret que ZHOU Feng (CHN) était un peu la laissée-pour-compte de la finale l'opposant à la championne du monde en titre Tamyra MENSAH (USA) au Matteo Pellicone, catégorie des 68kg. Menée huit points à rien, elle a pourtant su faire preuve d'assez de sang-froid pour finalement décrocher l'or de la compétition. Cette éclatante victoire aura également empêché Mensah, nommée Lutteuse de l'Année 2019, de remporter un quatrième titre consécutif en ESC.

“En première période, je ne me sentais ni prête, ni préparèe, mais je n'ai pas abandonné,” a commenté Zhou sur ce difficile passage où elle a concédé trois amenés au sol et une clé de bras pour se retrouver menée 8-0. “Je me disais que le combat n'était pas fini et je n'ai pas abandonné.” 

Zhou, deux fois médaillée mondiale, a lancé sa contre-offensive par un contrôle de fourche et crochet intérieur, jusqu'à obtenir un amené au sol pour deux points. Trois ceintures en pont lui donnèrent ensuite 6 points supplémentaires, lui permettant de tenir l'égalité à la cloche et d'être déclarée vainqueure sur critères. 

Zhou a déclaré, après cette remarquable victoire à l'arrachée : “Je suis heureuse et excitée ! La plupart des lutteuses présentes à cette compétition prendront part aux Jeux Olympiques, alors décrocher l'or me réjouit.”

Sarah HILDEBRANDT (USA) est passée de 53 à 50kg et remporte le Matteo Pellicone grâce à une victoire à l'arrachée sur la médaillée d'argent de mondiaux de Noursoultan Emilia VUC (ROU). (Photo : Kadir Caliskan)

Si le passage en 50kg de Sarah HILDEBRANDT (USA) soulevait des questions avant de venir à Rome, les réponses ont été délivrées vendredi soir, où deux médaillées mondiales d'argent s'affrontaient en finale des 50kg : Hildebrandt inscrit un amené au sol à deux secondes de la cloche et chipe la médaille d'or à Emilia VUC (ROU). Souriant d'une oreille à l'autre, Hildebrandt a commenté : “J'aime comment ça sonne, championne des 50kg !” 

L'Américaine, toujours menée 2-1 à 10 secondes de la fin, a révélé ce qu'elle se répétait pour se motiver : “Tu ne gagneras pas parce que je ne vais pas perdre.” C'est exactement ce qui est arrivé. 

Usant d'une prise de bras pour soulever son adversaire roumaine, la médaillée mondiale d'argent 2018 a ensuite dégagé son bras gauche pour inscrire de justesse un amené au sol et remporter son deuxième titre d'ESC par 4-2.

Matteo Pellicone WW
Zhou remonte huit points et vainc la championne du monde en titre Mensah 8en anglais)
 

Interviews:
Interviews des championnes de lutte féminine

RÉSULTATS
50kg - Sarah HILDEBRANDT (USA) df. Emilia Alina VUC (ROU), 4-2 
53kg - Vinesh VINESH (IND) df. Luisa Elizabeth VALVERDE MELENDRES (ECU), 4-0 
55kg - (Nordic Style) - Vanesa KALADZINSKAYA (BLR) df. Solomiia VYNNYK (UKR), 10-0 
57kg - Odunayo Folasade ADEKUOROYE (NGR) df. Anshu ANSHU (IND), 10-0 
59kg - (Nordic Style) -  Anhelina LYSAK (UKR) df. Yuliya PISARENKA (BLR), par tombé
62kg - Aisuluu TYNYBEKOVA (KGZ) df. Liubov OVCHAROVA (RUS), par forfait sur blessure
65kg - (Nordic Style) - Inna TRAZHUKOVA (RUS) df. Oksana KUKHTA HERHEL (UKR), 5-0 
68kg - Feng ZHOU (CHN) df. Tamyra Mariama MENSAH (USA), 8-8 
72kg - (Nordic Style) - Maria SELMAIER (GER) df. Anastasiya ZIMIANKOVA (BLR), 8-6 
76kg - Erica Elizabeth WIEBE (CAN) df. Qian ZHOU (CHN), 10-0 

Davit CHAKVETADZE a vaincu Alexander KOMAROV 4-2 en finale du championnat de Russie de lutte gréco-romaine, catégorie 87kg. (Photo : Tony Rotundo)

4. Le championnat de Russie de lutte gréco-romaine tire sa révérence à Novosibirsk
La ville de Novosibirsk, située dans le sud-ouest de la Sibérie et qui a donné à l'histoire olympique deux des lutteurs les plus craints de la lutte gréco-romaine, Aleksandr KARELIN (RUS) et Roman VLASOV (RUS), accueillait ce weekend le championnat de Russie de ce style.

Davit CHAKVETADZE, champion olympique à Rio en 2016, a repris sa position de favori russe pour la catégorie de poids des 87kg aux prochains continentaux et Sergey SEMENOV a fait la preuve de son retour en phase gagnante après une décevante saison 2019.

Chakvetadze, en quête de son second titre national en trois ans et vainqueur d'Alexander KOMAROV 4-2 en finale des 87kg, a réalisé un parcours triomphal et semble avoir cimenté sa position de représentant russe au prochain championnat d'Europe. S'il était déjà, en 2019, le tenant du titre, il avait terminé derrière Komarov lors du Grand Prix d'Allemagne, ce qui l'avait tenu à distance de l'équipe russe des mondiaux de Noursoultan. Après la 11ème place de Komarov au Kazakhstan et quel que soit l'élu russe, Chakvetadze ou Komarov, il aura la diffficile charge de qualifier son pays en 87kg pour les JO 2020 de Tokyo.

En 130kg, le champion du monde 2018 Sergey Semenov est reparti sur une lancée gagnante et a scellé une victoire 3-0 sur Zurabi GEDEHAURI - après avoir échoué à qualifier une place à Noursoultan où il n'avait récolté qu'une décevante 17ème place.

Selon le correspondant de www.wrestrus.ru Tigran AVANIAN, la sélection russe pour le championnat d'Europe 2020 sera rendue publique le 6 février prochain.

À noter, les lutteurs suivants sont dispensés du championnat de Russie pour l'année 2020 :  
60kg – Sergey EMELIN (champion du monde 2018, argent en 2019)
60kg – Stepan MARYANYAN (champion du monde 2018, argent en 2019)
67kg – Artem SURKOV (champion du monde 2018, argent en 2019)
77kg – Roman VLASOV (double champion olympique)
97kg – Musa EVLOEV (champion du monde 2018 & 2019)

RÉSULTATS
55kg - Vitaly KABALOEV df. Emin SEFERSAEV, 3-2 
60kg – Zambolat LOKIYAEV df. Artur PETROSYAN, 7-0 
63kg – Ibrahim LABAZANOV df. Marat MARIPOV, 5-5
67kg - Alain MIRZOYAN df. Nazir ABDULAEV - 5: 6
72kg - Adam KURAK df. Magomed YARILBOV, 3-0 
77kg - Alexander CHEKHIRKIN df. Islam OPIEV, 7-0 
82kg - Shamil OZHAEV df. Ruslan VARDANYAN, 6-2 
87kg - Davit CHAKVETADZE df. Alexander KOMAROV, 4-2 
97kg - Alexander GOLOVIN df. Nikita MELNIKOV, 3-1 
130kg - Sergey SEMENOV df. Zurabi GEDEHAURI, 3-0

5. Le Japon décroche cinq médailles d'or à l'Open Klippan Lady ; Bullen en Italie et en Suède à quelques jours d'intervalle
Le Japon s'est attribué cinq des neufs médailles d'or de l'Open Klippan Lady, tenu en Suède, où Grace BULLEN (NOR) s'est emparée de l'or quelques jours après avoir participé au Matteo Pellicone.

Umi ITO (JPN), Rino KATAOKA (JPN), Tsugumi SAKURAI (JPN) et Yuka KAGAMI (JPN) sont sorties en tête de leurs catégories et Ami ISHII (JPN) remporte celle des 65kg en tournoi nordique. 

Ita et Kataoka, médaillées d'or en 50 et 53kg respectivement, ont toutes deux terminé leurs combats prématurément et en faisant jeu blanc 10-0, Ito sur Felicia GALLO (FRA) et Kataoka sur Ellen RIESTERER (GER). 

Sakurai inscrit la plus belle victoire pour le Japon en se défaisant de la sept fois médaillée mondiale et olympique Sofia MATTSSON (SWE) par 4-2 en finale des 55kg. 

La dernière médaillée d'or japonaise est Yuka Kagami, vainqueure de Dymond GUILFORD (USA) 2-1 en finale des 76kg. 

La Norvégienne Grace Bullen remporte, elle, l'or du Klippan Lady dans la catégorie des 59kg, quelques jours seulement après sa participation au Matteo Pellicone. Elle y avait échoué, en 57kg cette fois, face à Anshu ANSHU (IND) et Linda MORAIS (CAN), finalement et respectivement médaillées d'argent et de bronze de la compétition. En Suède cependant, la championne du monde des U23 2018 a su prendre le dessus 10-0 sur Abigail NETTE (USA) en finale des 59kg. 

RÉSULTATS
50kg - Umi ITO (JPN) df. Felicia GALLO (FRA), 10-0 
53kg - Rino KATAOKA (JPN) df. Ellen RIESTERER (GER), 10-0 
55kg - Tsugumi SAKURAI (JPN) df. Sofia MATTSSON (SWE), 4-2 
57kg - (Nordic Style) - Lauren LOUIVE (USA) df.  Cameron GUERIN (USA), 8-0 
59kg - Grace BULLEN (NOR) df. Abigail NETTE (USA), 10-0 
62kg - Jennifer PAGE (USA) df. Emma JOHANSSON (SWE), par tombé
65 kg - (Nordic Style) - Ami ISHII (JPN) df. Rin TERAMOTO (JPN), 8-3 
72 kg - (Nordic Style) - Danuté DOMIKAITYE (LTU) df. Mizuki NAGASHIMA (JPN), 13-3
76kg - Yuka KAGAMI (JPN) df. Dymond GUILFORD (USA), 2-1

L'Hebdo dans les réseaux !

1. Big Move Monday -- Temirtassova A. (KAZ) -- Ch/at du Monde Senior 2019 #WrestleNursultan
2. Nous remercions chacun des 400'000 fans pour votre soutien ininterrompu ! ? ? #unitedworldwrestling
3. Dans les coulisses de #wrestlerome
4. @frankchamizo92 explique pourquoi il fait l'impasse sur le Matteo Pellicone et donc Dake, Burroughs et Sidakov ??? // Interview complète sur notre bio Instagram
5. Big Move, Jour 3 à l'ESC #WrestleRome Matteo Pellicone!

Japon

Attendance réduite et sécurité pour la reprise des camps d'entraînement de l'équipe nationale japonaise

By Ken Marantz

TOKYO―Il y avait quelque chose d'inhabituel lors du lancement du camp d'entraînement de l'équipe du Japon - entre autres choses, seuls huit athlètes étaient présents.

Mais nous sommes dans une époque troublée. Le fait que le Japon ait finalement pu, au milieu d'une pandémie mondiale, remonter sur les tapis pour la première fois en 3 mois et demi constitue une avancée majeure pour le pays hôte des prochains Jeux Olympiques repoussés d'un an, qui peut ainsi commencer sa préparation à long terme.

Yukako et Risako KAWAI se désinfectent les mains à l'entrée de la salle de lutte du Centre national d'entraînement (CNE) de Tokyo. (photo : Sachiko Hotaka/JWF)

"Je suis vraiment heureuse de revoir les membres de l'équipe nationale après si longtemps," a déclaré Yukako KAWAI, l'une des quatre lutteuses de l'équipe olympique participant au camp féminin qui a commencé le jeudi 2 juillet. "Nous avions habituellement un camp par mois et même si nous ne sommes pas retournés à la normale, je suis contente de pouvoir à nouveau lutter ici."

Respectant les volumineuses directives soigneusement établies par le comité des sciences sportives de la Fédération japonaise de lutte, les camps du Centre national d'entraînement de Tokyo suivront de strictes protocoles afin de prévenir la diffusion du coronavirus, dont les effets sur le monde du sport sont dévastateurs.

En addition aux directives habituelles de port de masque, de lavage des mains et d'utilisation de désinfectant, ces directives appellent également à limiter le nombre de personnes présentes dans la salle de lutte à un moment donné. Ceci est obtenu par l'organisation différenciée des camps par style de lutte avec un minimum de période de chevauchement, en invitant principalement ceux et celles déjà en possession d'une place olympique ou qui seront parties prenantes des qualificatifs olympiques.

"Les camps d'entraînement - de lutte féminine, gréco-romaine et libre - n'ont pas pour but d'améliorer le niveau," a déclaré le directeur national du développement technique Shigeki NISHIGUCHI. "Ces camps visent spécifiquement les JO de Tokyo. Nous en avons donc limité le nombre, particulièrement pour juillet. Selon les circonstances, nous espérons être capables d'augmenter la fréquence en août et septembre. Mais le principal est de faire barrière au coronavirus."

Les athlètes conservent depuis le 16 juin le relevé quotidien de leur température corporelle, de leur santé générale et de tout contact externe qu'ils ont pu avoir. Tous ont fait un test d'anticorps avant le camp et, à l'exception d'une course rapide à un commerce de proximité, ils n'ont en principe pas le droit de quitter le centre.

Le camp de lutte féminine est le premier, du 2 au 8 juillet, suivi par la lutte gréco-romaine du 6 au 11 et par la lutte libre du 23 au 28. Un camp par mois sera organisé pour chaque style en août et septembre prochains, également presque séparément.

Yui SUSAKI par en ramassement lors d'un exercice d'amené au sol. (photo : Sachiko Hotaka/JWF)

Quatre des cinq membres de l'équipe olympique de lutte féminine - les championnes en titre Risako KAWAI (57kg), Sara DOSHO (68kg), la petite soeur de Risako Yukako (62kg) et Hiroe MINAGAWA (76kg) - ont rejoint les six tapis de la salle de lutte du CNE jeudi dernier, ainsi que la double championne du monde Yui SUSAKI (50kg) qui espère obtenir un billet olympique lors du qualificatif Asie prévu en mars prochain. Trois autres personnes étaient également présentes.

Absente du quintet olympique, la médaillée mondiale d'argent Mayu MUKAIDA (53kg), récemment diplômée de la fameuse université de Shigakkan. Elle a rejoint la firme de haute technologie JTEKT en tant qu'athlète sponsorisée et a des engagements envers cette entreprise. 

Hors les coaches, le personnel et les officiels de la Fédération, les seuls personnes permises dans la salle de lutte sont l'équipe du website de la Fédération japonaise et un correspondant UWW. Les médias japonais ont pu observer l'entraînement en streaming, et tenir une "conférence de presse" avec chaque lutteuse après la session.

Chaque personne pénétrant dans la salle devait se désinfecter les mains et avait sa température prise. Les lutteuses ont également désinfecté les semelles de leurs chaussures de lutte. Tous, coaches compris sauf les lutteuses en exercice, portaient constamment des masques.

À ce stade, la politique de la Fédération est de commencer doucement et d'augmenter la cadence en vue des Jeux Olympiques, faisant ce qui est possible pour éviter des blessures. La session ne comportait ainsi pas de lutte en direct. La première heure était faite d'étirements et de montée en pression des muscles principaux, suivis d'exercices tels que des ramassements de jambe par l'extérieur, des amenés au sol et des ceintures en pont. L'ambiance était relaxée mais concentrée sur les exercices à réaliser.

"Il y a encore un an et un mois avant les JO, alors nous voulons solidement consolider les fondamentaux et éviter les blessures," dit Nishiguchi. "Nous commençons par les choses fondamentales. Les lutteuses ont peut-être l'impression que ce n'est pas assez. Mais il n'y a aucune raison d'aller plus vite que la musique."

Sara DOSHO travaille un exercice de renforcement. (photo : Sachiko Hotaka/JWF)

Les éclopées
Ironiquement, alors qu'éviter les blessures est la priorité, trois des lutteuses olympiques souffrent actuellement de divers handicaps. En fait, Minagawa a profité du repos forcé pour subir une opération du genou tandis que  Dosho, qui délare s'être complètement remise de son opération à l'épaule de début 2019, continue à soigner un genou mal en point ; et Risako Kawai s'est faite un tour de reins.

"C'est une situation chronique depuis à peu près un an," dit Minagawa, médaillée mondiale d'argent en 2019, au sujet de son genou droit dont elle a subi l'ablation du ménisque. "C'était particulièrement dur en mars. Avec les JO [originellement] en août, il était impossible d'avoir une opération. Je pensais continuer et juste ignorer le problème, puis le report a été décidé."

Nishiguchi remarque que pour quelques personnes comme Minagawa, il y a un côté positif au report des JO pour cause de pandémie, puisque cela leur donne une année pour récupérer de leurs blessures.

Lors du pic de la pandémie au Japon, de début avril à début mai, le gouvernement avait déclaré l'état d'urgence, ce qui ne lui avait cependant pas permis d'imposer la fermeture des magasins, l'utilisation des masques ou la distanciation sociale. Mais les gouverneurs des préfectures du pays ont pu demander que de telles mesures soient respectées volontairement, un auto-confinement largement suivi par le public.

Comme les autres, Minagawa était alors obligée de se contenter de s'entraîner à la maison et de courir à l'extérieur car aucune salle de lutte ou de gym n'était restée ouverte.

"Pendant cette période d'auto-confinement, je devais rester à la maison et mentalement, ce fut difficile," dit-elle. "Récemment, l'état d'urgence a été levé, j'ai donc pu sortir plus et les camps nationaux ont rouvert, ce qui m'a aidé à remonter la pente. Je suis plus à même de regarder devant positivement."

Dosho dit qu'elle ressent encore quelques douleurs dans son genou, et que le soutien qu'elle reçoit allège le désagrément. Après avoir échoué à obtenir une médaille au championnat du monde, elle reste déterminée à faire amende honorable en devenant championne olympique encore une fois.

"Mon objectif de remporter une médaille d'or n'a pas changé d'un iota," dit-elle. "Je crois que tout ira bien si je reste patiente et y vais doucement à l'entraînement."

Risako KAWAI soulève la jambe de sa partenaire lors d'un exercice d'amené au sol. (photo : Sachiko Hotaka/JWF)

Et maintenant elle cuisine
Pour Risako Kawai, qui a remporté son quatrième titre mondial en septembre dernier à Noursoultan, rester à la maison lui a donné la possibilité d'apprendre quelque chose du monde réel, extérieur à celui du sport - comme comment cuisiner.

"Depuis le lycée, j'ai toujours pris mes repas au dortoir, et même après avoir terminé l'université, je pouvais manger là-bas," dit-elle. "Mais pendant la période d'auto-confinement, nous ne pouvions pas bouger. C'est la première fois que je devais préparer mes propres repas pour une si longue durée, même à mon âge."

Déclarant qu'elle a aussi fait du Pilate pour la première fois, Kawai a trouvé des recettes sur internet.

"Je n'avais jamais préparé de repas frits, mais j'ai pu faire un essai," dit-elle. "Plutôt que me concentrer sur une spécialité, j'ai tenté différentes choses."

Sa petite soeur Yukako, comme Risako un produit de Shigakkan, a eu du mal a s'éloigner de la vie couvée de l'université. "J'ai vraiment apprécié ma mère, qui nous préparait nos repas," dit-elle. 

Shigakkan a récemment réouvert ses installations et les Kawai ont pu remonter sur les tapis avant les camps nationaux, mais sans lutte active. 

"Naturellement, ma force a diminué par rapport à d'habitude," dit Risako. "Mais je ne ressens aucun changement dans mon rapport à la lutte."

Quant à remonter sur les tapis, ajoute-t-elle, "C'est la première fois depuis longtemps que les coaches m'observent travailler avec une partenaire. C'est un sentiment rafraîchissant." 

Elle dit qu'elle a récupéré à 80% son problème de dos et prend soin de ne pas rechuter. Lors des exercices de son premier entraînement, elle n'a pas fait de lutte au sol.

Yukako KAWAI takes down her practice partner. (photo by Sachiko Hotaka/JWF)

Les cheveux aujourd'hui et demain, loin
Parmi les principaux sujets de conversation du camp ne concernant pas la lutte, le nouveau look de Yukako Kawai était en première ligne : elle a surpris tout le monde pour avoir fait une coupe au bol de sa longue chevelure.

"C'est la première fois depuis l'école primaire que j'ai cette longueur," dit-elle. "C'est nouveau pour moi."

Kawai déclare qu'elle a coupé ses boucles juste avant le début de la période d'auto-confinement en mars, avant que les salons de coiffure ne ferment.

"J'ai toujours voulu les couper mais je n'en ai jamais eu le courage," ajoutant qu'elle avait pris cette résolution suite à un incident à New Delhi en février. "Au championnat d'Asie, on m'a tiré les cheveux. C'est là que j'ai décidé que j'en avais assez."

"A l'époque, les JO n'avaient pas encore été reportés. J'ai pensé que ce serait radical pour me mettre dans l'esprit du sprint vers les Jeux."

Ses courtes tresses ne sont pas le seul nouvel aspect de la vie de Kawa. Comme Mukaida, elle a obtenue son diplôme de Shigakkan pour rejoindre une compagnie avec un contrat qui lui permet de continuer à se dédier complètement à la lutte. Elle rejoint Risako comme employée de Japan Beverage, qui emploie également la lutteuse maintenant retraitée plusieurs fois championne du monde et médaillée olympique Kyoko HAMAGUCHI. 

"Jusqu'à maintenant, j'étais dans l'équipe de lutte en tant qu'étudiante," commente Kawai.. "Aujourd'hui la lutte est mon métier. C'est mon métier d'obtenir des résultats et de rembourser l'entreprise. Je ressens plus de responsabilité qu'avant. Je dois faire preuve de plus de discernement sur mes performances. Je suis reconnaissante qu'ils m'offrent le même environnement de lutte qu'auparavant, et je veux réussir et que mon entreprise sois contente."

Tandis que le programme international de lutte reste dans les limbes, Kawai déclare qu'elle ne se sent pas concernée par l'absence de tournoi spécidique pour lequel elle se préparerait au camp national. 

"Je n'y ai pas vraiment pensé," dit-elle. "Je pose un objectif pour chaque jour d'entraînement et je pense à comment l'atteindre. Plutôt que sur les tournois, je travaille à dépasser les problèmes que je peux avoir."