Coupe Meiji

Retour émouvant - et victorieux - de Watari à la Coupe Meiji

By Ken Marantz

TOKYO, Japon (le 16 juin) - L'émotion était palpable lorsque Rio Watari est remontée sur les tapis, deux ans après le début d'un éprouvant combat remporté sur le cancer. 

Des larmes de soulagement et de joie ont coulé à flots lorsqu’elle a décroché la victoire.

Watari parachève sa remarquable rémission du lymphome d’Hodgkin par une nomination au titre de lutte féminine en 68kg au tournoi du Japon sur invitation de Tokyo, et par une place dans l’équipe du Japon pour le championnat du monde de Budapest.

Watari a même donné dans le dramatique, marquant un point décisif par sortie de tapis à 6 secondes de la fin de sa finale contre Chiaki SEKI, pour une victoire 3-2 et son premier titre dans ce tournoi depuis 2014, connu sous le nom de coupe Meiji.

Le point gagnant de Watari est venu sur sa quatrième tentative de ceinture. Les trois premières avaient été interrompues et les seuls points marqués par les lutteuses l’avaient été pour passivité, Watari prenant la tête 2-1 à 32 secondes de la fin.

Mais Seki - qui luttait jusqu’à maintenant sous son nom de jeune fille IIJIMA - a forcé Watari à l’égalité 2-2 à 24 secondes de la fin par son unique tentative de ceinture du combat.

Watari, arrivée jusque là, n’allait pas se laisser faire, et sa réponse a comblé le bruyant contingent des supporters de son sponsor Aisin AW dans les tribunes de la salle Komazawa.

 “J’ai tout donné, persuadée que la victoire serait finalement mienne, et que je rejoindrai les autres championnes de Shigakkan aux championnats du monde,” a déclaré Watari en se référant à son université de la centrale de Shigakkan, d’où provient la majeure partie de l’équipe féminine pour Budapest, qu’il s’agisse de nouvelles ou d’anciennes étudiantes.

Watari n’a eu besoin que de deux combats pour remporter l’or. Dans son combat d’ouverture – son premier depuis les Jeux de Rio en 2016 -, c’est un solide 7-0 sur Mai HAYAKAWA, de Shigakkan, qui lui a permis de rejoindre les finales.

“Dans le premier combat, même en surmontant ma nervosité, mon corps tremblait tellement que je n’étais plus moi-même,” a révélé Watari, âgée aujourd’hui de 26 ans. “Je n’arrivais pas à me calmer et me sentais angoissée. Je sentais que si je continuais comme cela, je ne serais pas capable de remporter le titre.”

 “Pendant la finale, je croyais en ce que j’avais fait jusque là, et j’étais déterminée à gagner. J’ai pu relever le défi de manière relaxée.”

Rio WATARI, championne des 68kg. (Photo par Sachiko Hotaka)

Avant sa maladie, Watari avait déjà fait les titres de la presse nationale lors de sa qualification pour les Jeux de Rio. Ce qui rendait son cas si particulier à l’époque est que, dans son ardente volonté de remporter une médaille olympique, Watari était monté de deux catégories de poids, de 63kg à 75kg. L’histoire veut qu’elle ait pris 12 kg en mangeant cinq repas par jour.

Son lymphome fut diagnostiqué quelques jours avant les Jeux, auxquels elle prit part tout de même. Et ne fit de sa maladie aucun motif d’excuse pour sa décevante défaite d’un point face à Aline da Silva FERRIRA (BRA). A son retour au Japon, son état fut rendu public et, alors qu’il empirait, elle commença plusieurs traitements, dont une chimiothérapie.

“Pour les Jeux Olympiques, alors que je me battais pour savoir s’il fallait participer ou pas, j’ai continué à m’entraîner, ce qui a rendu ma participation possible,” a indiqué Watari. “Ensuite, ma vie contre la maladie a débuté. J’étais alitée la plupart du temps, avec des vertiges lorsque j’étais debout. Chaque jour qui passait, je me demandais si je serais capable de reprendre la lutte.”

En septembre dernier, elle recommence à marcher, faire du vélo et, petit à petit, acquérir “le corps d’une personne normale.” Après s’être limitée à des exercices élémentaires, elle a rejoint les salles de lutte en janvier.

“Si je considère ma condition d’avant les Jeux Olympiques comme à 100%, j’en suis toujours loin en termes de force physique”, dit Watari. “Je ne peux toujours pas tenir jusqu’à la fin de l’entraînement. Je dirais que j’en suis à 50%.”

Watari s’est retrouvée directement dans l’équipe pour Budapest car la médaillée mondiale et olympique Sara DOSHO, vainqueur en 68kg du championnat du Japon (appelé la coupe de l’Empereur), a souffert d’une blessure de l’épaule à la coupe du monde de lutte féminine en mars, qui l’a tenue éloignée de la coupe Meiji.

Si une lutteuse remporte dans sa catégorie de poids à la fois la coupe de l’Empereur et la coupe Meiji, elle sera automatiquement sélectionnée pour Budapest. Si les vainqueurs d’une même catégorie de poids sont différents, elles se retrouveront pour des éliminatoires le 7 juillet, et Dosho en sera également absente.

Pour Watari, son remarquable comeback n’efface en rien la piqûre de sa défaite à Rio. Après le combat, interrogée lors de sa conférence de presse sur le soutien reçu de ses parents pendant son combat contre le cancer, elle s’est effondrée.

“Je n’ai pas été capable de gagner aux Jeux Olympiques et leur rapporter une médaille,” a-t-elle déclaré, en larmes, sous-entendant que le meilleur moyen de leur montrer sa reconnaissance serait une médaille d’or aux Jeux de Tokyo en 2020.

 “Ceci n’est pas encore les Jeux Olympiques, et n’efface donc en rien ce qui est arrivé à Rio. Je dois penser jusqu’où il m’est possible d’aller en 68kg, et avec l’approche des qualifications pour les Jeux, quelle est pour moi la meilleure catégorie de poids. Cette victoire et cette qualification pour les mondiaux sont un précieux pas vers les Jeux.”

Quand même, avoir traversé une maladie mortelle lui fait beaucoup plus apprécier le temps passé sur les tapis, et lui permet de supporter les rigueurs nécessaires pour atteindre le succès.

“En ce moment, je m’éclate quand je lutte,” a conclu Watari.

Shota TANOKURA a acquis son billet pour les championnats du monde en remportant la compétition des 55kg. (Photo par Sachiko Hotaka)

Le champion d'Asie Tanokura lorgne sur l'or

Le champion d’Asie Shota TANOKURA a mené une attaque en règle sur l’or des 55kg en lutte gréco-romaine, déployant une démonstration de projections spectaculaires et assurant ainsi sa place pour le championnat du monde.

Tanokura poursuit sur la lancée de son triomphe à la coupe de l’Empereur, affichant deux victoires par supériorité technique avant de se défaire de Shota OGAWA 7-0 en finale, grâce à, notamment, un amené au sol en prise de demi-souplesse.

C’est la troisième médaille d’or de Tanokura à la Meiji, et sa première depuis 2015. Il s’était retiré après son échec aux sélections des Jeux Olympiques de Rio, en partie parce qu’il se sentait handicapé par le fait que la catégorie minumum de poids ait été montée à 59kg. Il avait été rapidement dominé par le médaillé d’argent olympique Shinobu OTA et le champion du monde Kenichiro FUMITA.

Mais le retour de la catégorie des 55kg a entraîné le retour de Tanukora à la discipline l’année passée, bien qu’il garde son emploi de professeur d’éducation physique au lycée de Tokyo.

Ses obligations professionnelles l’ont empêché de s’entraîner comme il l’aurait souhaité pour la coupe Meiji, au grand dam de son entraîneur.
“Honnêtement, pour ce tournoi, après le championnat d’Asie [de Bichkek en février] et le dernier camp national, je n’ai pas pu m’entraîner,” a déclaré Tanokura.

“L’entraîneur Shingo Matsumoto m’a dit une semaine avant le tournoi : ‘Mon pote, c’est pas comme ça que tu vas gagner.’ On m’a dit qu’il fallait que j’y aille avec l’état d’esprit d’un combattant, et ça a fait clic, même s’il était un peu tard.”

 Tanokura, triple médaillé des Jeux d’Asie, aura pour la première fois de sa carrière la possibilité d’une médaille de championnat du monde. Il a pu renforcer sa confiance par une deuxième place au tournoi Dan Kolov-Nikola Petrov de Sofia, en mars.

“J’ai participé à une compétition en Europe, et mon impression est que les lutteurs asiatiques sont plus puissants que les Européens dans les catégories les plus légères,” a-t-il indiqué. “Il ne reste plus qu’à me focaliser sur l’or des mondiaux.

Yukako KAWAI, médaillée d'or en 62kg. (Photo par Sachiko Hotaka)

Pendant ce temps chez les sœurs KAWAI, Yukako s’est emparée du titre de lutte féminine en 62kg et se rapproche un peu plus de Budapest.  
Yukako pleurait après sa victoire, mais ce n’était pas de joie, déçue par sa performance en finale 4-1 sur Yurika ITO, pendant laquelle elle n’a pas réussi à marquer en attaque.

"Je voulais le titre et suis satisfaite de l’avoir obtenu, mais je n’ai rien pu faire comme je m’étais entraînée pour, donc c’est très décevant,” a déclaré Yukako. “J’ai travaillé sur les amenés à terre, à répliquer et garder une position basse. Je n’ai même pas appliqué les fondamentaux.”

Yukako et sa soeur aînée Risako Kawai, championne olympique et championne du monde, avaient toutes deux changé de catégories de poids depuis leurs victoires à la coupe de l’Empereur. Risako était passée de 62kg à 59kg.

 Ceci a lancé les bases d’un scénario intéressant. Si, par surprise, Risako ne remporte pas la finale des 59kg dimanche, elle affrontera sa soeur en éliminatoire pour la place des 62kg. Mais Yukako pense qu’il n’en sera rien.

“Si elle gagne en 59kg, il n’y aura pas d’éliminatoire entre nous, donc Risako dit que nous devons absolument tout faire – gagner - pour aller ensemble au championnat du monde.”

Pour Yukako, Budapest sera l’occasion de se racheter pour le championnat du monde de Paris l’année passée, où elle n’a pas décroché l’or en 63kg ; pour y arriver, elle n’a pas le droit de reproduire ses errements de samedi.

“La façon dont j’ai lutté ne valait rien,” a-t-elle dit. “À ce niveau, je serai tout de suite battue, comme l’année passée. Je dois tout recommencer depuis le début.”

Yuhi FUJINAMI a dû se retirer du tournoi suite à une fracture de l’os de la pommette. (Photo par Sachiko Hotaka)

Fujinami se retire et compte sur les éliminatoires

Étonnamment, Yuhi FUJINAMI, médaillé de bronze à Paris 2017 en lutte libre et 70kg, s’est retiré de la compétition catégorie 74kg, préférant jouer son retour au championnat du monde aux éliminatoires.


Fujinami s’est fracturé le malaire droit après avoir reçu un coup de coude à l’entraînement début mai. Il est apparu dans deux rencontres en duel pour l’Université Yamanashi Gakuin, se protégeant tant bien que mal en évitant d’amener ses adversaires à terre. Il compte sur une rémission totale d’ici aux éliminatoires. 

Fujinami a déclaré à la presse qu’il avait pris sa décision dimanche, après consultation avec sa famille au championnat national juniors des lycées, où tous étaient réunis pour soutenir sa jeune soeur Akari – qui a décroché la médaille d’or.

En l’absence de Fujinami, c’est Ken HOSAKA qui a décroché le titre avec une victoire 11-3 sur Yuto MIWA, encore adolescent. En demi-finale, Hosaka a dû mettre un pied dans la zone de protection à 3 secondes de la fin pour obtenir les deux points qui lui ont donné la victoire 4-4 sur Ryuki YOSHIDA.

Fujinami et Hosaka se rencontreront en éliminatoire dans un remake de la finale de la coupe de l’Empereur, que Fujinami avait remportée par supériorité technique.

Dans les autres titres de lutte libre à saisir samedi passé, celui des 97kg est revenue à Naoya AKAGUMA, qui a déroulé une victoire 9-0 sur Taira SONODA.

En demi-finale, Akaguma avait marqué un amené à terre tardif pour une victoire 3-3 sur le vainqueur de la coupe de l’Empereur Takeshi YAMAGUCHI, les amenant tous deux à un combat éliminatoire pour Budapest.

Le médaillé d’argent d’Asie Tsuchika SHIMOYAMADA (67kg) et Shohei YABIKU (77kg) en lutte gréco-romaine, et Katsuki SAKAGAMI (57kg) en lutte féminine, ont tous décroché le double titre national et leur place pour Budapest.

Résultats du troisième jour

Lutte libre

74kg (12 inscrits)
Or – Ken HOSAKA df. Yuto MIWA, 11-3

Bronze – Hayato OGATA et Ryuki YOSHIDA

Demi-finale – Yuto MIWA df. Hayato OGATA, 5-0
Demi-finale – Ken HOSAKA df. Ryuki YOSHIDA, 4x-4

97kg (12 inscrits)
Or – Naoya AKAGUMA df. Taira SONODA, 9-0

Bronze – Takeshi YAMAGUCHI et Hiroto NINOMIYA

Demi-finale – Naoya AKAGUMA df. Takeshi YAMAGUCHI, 3x-3
Demi-finale – Taira SONODA df. Hiroto NINOMIYA par forfait.

Lutte gréco-romaine

55kg (10 inscrits)
Or – Shota TANOKURA df. Shota OGAWA, 7-0

Bronze – Tomoya MARUYAMA et Hiromu KATAGIRI

Demi-finale – Shota TANOKURA df. Tomoya MARUYAMA par tombé, 8-0, 1:50
Demi-finale – Shota OGAWA df. Hiromu KATAGIRI par tombé, 10-2, 2:20

67kg (10 inscrits)
Or – Tsuchika SHIMOYAMADA df. Shogo TAKAHASHI par tombé, 9-1, 4:17

Bronze – Daiki KOBAYASHI et Katsuyoshi KAWASE

Demi-finale – Tsuchika SHIMOYAMADA df. Daiki KOBAYASHI par tombé, 10-1, 2:07 
Demi-finale – Shogo TAKAHASHI df. Katsuyoshi KAWASE, 5-3

77kg (12 inscrits)
Or – Shohei YABIKU df. So SAKABE, 2x-2

Bronze – Kenryu KUZUYA et Takeshi IZUMI

Demi-finale – Shohei YABIKU df. Kenryu KUZUYA par tombé, 8-0, 1:27 
Demi-finale – So SAKABE df. Takeshi IZUMI par tombé, 3:30 (5-3)

Lutte féminine

57kg (6 inscrites)
Or – Katsuki SAKAGAMI df. Akie HANAI, 4-1

Bronze – Sae NANJO et Chiho HAMADA 

Demi-finale – Katsuki SAKAGAMI df. Sae NANJO, 8x-8
Demi-finale – Akie HANAI df. Chiho HAMADA, 2-0

62kg (7 inscrites)
Or – Yukako KAWAI df. Yurika ITO, 4-1

Bronze – Atena KODAMA et Honoka IMAGAWA

Demi-finale – Yurika ITO df. Atena KODAMA par ST, 11-0, 4:09
Demi-finale – Yukako KAWAI df. Honoka IMAGAWA, 4-0 

68kg (5 inscrites)
Or – Rio WATARI df. Chiaki SEKI, 3-2

Bronze – Miwa MORIKAWA et Mai HAYAKAWA

Demi-finale – Chiaki SEKI df. Miwa MORIKAWA, 7-2
Demi-finale – Rio WATARI df. Mai HAYAKAWA, 7-0

YoungestToOldest

Les médaillés d'or de lutte gréco-romaine les plus jeunes et les plus âgés des Jeux Olympiques

By Ikuo Higuchi

(Cet article est le troisième et dernier d'une série publiée sur le site de la Fédération japonaise de lutte. Traduction anglaise Ken Marantz.)

Un style dominé par les Européens
En comparaison avec les Etats-Unis et l'Asie, où la plupart des lutteurs débutent en lutte libre, les jeunes Européens ont plutôt tendance à se lancer dans la lutte gréco-romaine. Ceci est peut-être la raison pour laquelle des 196 médailles olympiques attribuées jusqu'ici dans cette discipline, 168 sont revenues à des Européens (170 si nous incluons les actuels pays d'Asie qui concouraient alors pour l'Union Soviétique). 

Même ainsi, il aura fallu plus d’un siècle de Jeux Olympiques avant qu’un athlète de moins de vingt ans ne ramène une médaille d’or à la maison. C’est Islambek ALBIEV (RUS) qui brisa le mur lors des JO de Pékin de 2008, où il remporta l’or des 60kg à l’âge de 19 ans, 7 mois et 15 jours. Champion du monde en 2006, Albiev affermit sa légende en triomphant à la fois au championnat d’Europe et au championnat du monde l’année après les JO de Pékin.

A l’approche des JO de Tokyo, Albiev demeure à ce jour le seul athlète de moins de vingt ans à avoir obtenu une médaille d’or de lutte gréco-romaine. Cependant, ceci est peut-être plus le fruit d’un bon timing que de capacités pures, vu que les JO n’ont lieu que tous les quatre ans. Un lutteur qui a 16 ou 17 ans lors d’une année Olympique n’aura jamais la possibilité d’obtenir une médaille d’or avant qu’il n’ait vingt ans (au final, ce n’est pas si important qu’un athlète monte au sommet du podium à 19 ou 20 ans ; nous le mentionnons ici dans un but historique seulement). 

Prenons le cas du légendaire Hamza YERLIKAYA (TUR), qui avait juste 17 ans, 3 mois et 16 jours lorsqu’il remporta le titre des 82kg au championnat du monde de 1993. Son triomphe aux JO d’Atlanta en 1996 survint 1 an et 18 jours après son vingtième anniversaire. Yerlikaya y ajoutera un second titre Olympique l’année 2000 et la couronne mondiale en 2005, avant de devenir un membre du parlement turc.

Le championnat du monde de 1987, tenu à Clermont-Ferrand, offrit un champion de lutte gréco-romaine de moins de vingt ans en la personne de Pedro Favier ROQUE (CUB), médaille d’or des 52kg à l’âge de 18 ans, 8 mois et 26 jours. Il aurait eu 19 ans pour les Jeux de Séoul l’année suivante, mais Cuba, sur la ligne définie par la Corée du Nord, ne prit pas part aux Jeux tenus au Sud de la péninsule.

En comparaison, la lutte libre a 8 champions olympiques de vingt ou moins de vingt ans, tandis que la lutte gréco-romaine en a la moitié, soit 4. Peut-être ceci démontre-t-il que la lutte gréco-romaine dépend plus de l’expérience accumulée.

En ce qui concerne les médaillés les plus âgés, les médias japonais et mondiaux avaient acclamé le couronnement d’un champion de quarante ans lors de JO de Munich de 1972. Anatoli ROSCHTSCHIN (URS) était âgé de 40 ans, 6 mois et 0 jour lorsqu’il remporta la couronne des plus de 100kg. Mais un champion plus âgé était monté sur la plus haute marche du podium avant l’époque des médias de masse. Lors des Jeux d’Anvers, en 1920, Adolf LINDFORS (FIN) était âgé de 41 ans, 6 mois et 12 jours lorsqu’il triompha de la catégorie de poids des plus de 84kg. Et ce fut mérité : il gagna ses cinq combats par tombé, sa victoire au second tour lui prit 23 minutes et 43 secondes, et celle en finale fut interminable, atteignant 47 minutes et 38 secondes (à l’époque, la durée des combats pouvait apparemment atteindre 50 minutes).

Comme en lutte libre, la majorité des champions de lutte gréco-romaine les plus âgés appartient à la catégorie haute des classes de poids. De tout le top 15, les seuls champions poids légers (68kg ou moins) furent couronnés avant le seconde guerre mondiale. Depuis la fin de la guerre, seuls 6 médaillés de trente ans ou plus sont montés sur la plus haute marche du podium en poids léger dont, tout récemment, Davor STEFANEK (SRB), vainqueur de la catégorie des 66kg aux Jeux de Rio en 2016 à l’âge de 30 ans, 11 mois et 4 jours.

D’ailleurs, le Japon peut s’enorgueillir de quatre champions olympiques de lutte gréco-romaine. Le plus jeune d’entre eux fut Masamitsu ICHIGUCHI (JPN), médaillé d’or des JO de Tokyo en 1964 en 57kg à l’âge de 24 ans, 9 mois et 7 jours, et le plus âgé Atsuji MIYAHARA (JPN), champion des 52kg aux JO de Los Angeles en 1984 à l’âge de 25 ans, 7 mois et 13 jours le jour de son couronnement.

Pour quelle raison parlé-je de ce sujet ? Si les Jeux de Tokyo s’étaient déroulés comme prévu cet été, l’actuel champion du monde des 60kg Kenichiro FUMITA (JPN) aurait pu battre le record du plus jeune champion olympique détenu par Ichiguchi en remportant l’or le 3 août prochain à l’âge de 24 ans, 7 mois et 16 jours. Mais avec les Jeux reportés d’une année, Fumita a la possibilité de devenir le Japonais le plus âgé ! La finale est provisoirement prévue pour le 2 août 2021. Fumita aura alors 25 ans, 7 mois et 15 jours, soit juste deux de plus que Miyahara lors de son couronnement.

TOP 15 DES PLUS JEUNES CHAMPIONS OLYMPIQUES DE LUTTE GRECO-ROMAINE

               Nom                                                      Age                     Jeux Olympiques       Poids  Date de naissance
1. Islambek ALBIEV (RUS)                    19 ans 7 mois 15 jours          2008 Pékin            60kg      1988/12/28

2. Hamza YERLIKAYA (TUR)                20 ans 1 mois 18 jours          1996 Atlanta          82kg      1976/06/03

3. Suren NALBANDYAN (URS)             20 ans 1 mois 21 jours          1976 Montréal        68kg      1956/06/03

4. Shazam SAFIN (URS)                      20 ans 3 mois 20 jours          1952 Helsinki         67kg      1932/04/07

5. Alexandre KARELINE (URS)            21 ans 0 mois 2 jours            1988 Séoul            130kg     1967/09/19

6. Varteres SAMURGASHEV (RUS)     21 ans 0 mois 13 jours          2000 Sydney          63kg     1979/09/13

7. Boris GUREVICH (URS)                   21 ans 4 mois 4 jours           1952 Helsinki          52kg      1931/03/23

8. Ji-Hyun JUNG (KOR)                        21 ans 5 mois 0 jour             2004 Athènes         60kg      1983/03/26

9. Alexander KOLTSCHINSKI (URS)    21 ans 5 mois 4 jours           1976 Montréal       +100kg   1955/02/20

10. Khassan BAROEV (RUS)               21 ans 8 mois 24 jours         2004 Athènes         120kg    1982/12/01

11. Roman VLASOV (RUS)                   21 ans 9 mois 30 jours         2012 Londres          74kg     1990/10/06

12. Jouko SALOMAEKI (FIN)                 21 ans 11 mois 7 jours         1984 Los Angeles   74kg     1962/08/26

13. Schamil CHISAMUTDINOW (URS) 21 ans 11 mois 21 jours       1972 Munich           68kg     1950/09/20

14. Henri DEGLANE (FRA)                    22 ans 0 mois 18 jours        1924 Paris              +82kg    1902/06/22

15. Vincenzo MAENZA (ITA)                   22 ans 2 mois 30 jours        1984 Los Angeles    48kg     1962/05/02

TOP 15 DES CHAMPIONS OLYMPIQUES DE LUTTE GRECO-ROMAINE LES PLUS AGES

               Nom                                                      Age                     Jeux Olympiques       Poids  Date de naissance
1. Adolf LINDFORS (FIN)                    41 ans 6 mois 12 jours          1920 Antwerp          +82kg     1879/02/08

2. Anatoli ROSCHTSCHIN (URS)      40 ans 6 mois 0 jour              1972 Munich           +100kg     1932/03/10

3. Johannes KOTKAS (URS)             37 ans 5 mois 24 jours          1952 Helsinki           +87kg      1915/02/03

4. Kaaro ANTTILA (FIN)                      36 ans 10 mois 10 jours         1924 Paris                62kg      1887/08/30

5. Carl WESTERGREN (SWE)         36 ans 9 mois 25 jours          1932 Los Angeles     +87kg     1895/10/13

6. Claes JOHANSON (SWE)             35 ans 9 mois 16 jours          1920 Antwerp            82.5kg    1884/11/04

7. Erik MALMBERG (SWE)                35 ans 6 mois 23 jours          1932 Los Angeles      66kg      1897/01/15

8. Eemeli VAERE (FIN)                      34 ans 10 mois 23 jours         1920 Antwerp            67.5kg   1885/09/28

9. Axel GROENBERG (SWE)           34 ans 2 mois 18 jours           1952 Helsinki             79kg      1918/05/09

10. Mijain LOPEZ NUNEZ (CUB)       33 ans 11 mois 26 jours         2016 Rio de Janeiro  130kg    1982/08/20

11. Ahmet KIRECCI (TUR)                33 ans 9 mois 10 jours           1948 London              +87kg   1914/10/27

12. Ivar JOHANSSON (SWE)           33 ans 6 mois 9 jours             1936 Berlin                  79kg     1903/01/31

13. Rudolf SVENSSON (SWE)         33 ans 4 mois 11 jours           1932 Los Angeles        87kg    1899/03/27

14. Vaeinoe KOKKINEN (FIN)           32 ans 8 mois 13 jours           1932 Los Angeles        79kg    1899/11/25

15. Valentin NIKOLAEV (URS)          32 ans 8 mois 0 jour               1956 Melbourne           87kg     1924/04/06