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Poreč accueille le Festival de lutte 2023

By United World Wrestling Press

POREC, Croatie (11 juin) --- Dans un monde où les évènements sportifs ont transcendés leurs frontières traditionnelles, le Festival de lutte de Poreč 2023 est prêt à révolutionner la scène de la lutte. Soutenu par United World Wrestling (UWW) et situé dans une magnifique station balnéaire de la région d'Istrie en Croatie, ce festival est bien plus qu'une simple compétition de lutte. 

Cours technique de la Solidarité Olympique pour les entraîneurs et les arbitres

Le cours technique de la Solidarité Olympique pour les entraîneurs et les arbitres s'est déroulé avec succès avec le soutien du Comité National Olympique Croate et United World Wrestling. Le cours a eu lieu du 24 au 28 mai à l'hôtel Valamar Diamant à Poreč. Il s'agissait d'un cours d'entraîneur de niveau 1 conduit par Gary MAYAAB (USA) éducateur certifié d'UWW. L'objectif principal de ce cours était d'introduire aux techniques d'entraînement et de mettre l'accent sur les mesures de sécurité pour les jeunes entraîneurs croates.

De plus, un cours de cinq jours 'Introduction à l'arbitrage' était mené simultanément. Ce cours était dirigé par Davor PETANJEK, éducateur arbitre croate certifié d'UWW et arbitre UWW de catégorie IS.

"Les entraîneurs étaient très compétents et techniquement équilibrés dans leur compétences," a déclaré Gary Mayabb.  Leur niveau d'expérience est élevé pour une moyenne d'âge relativement jeune, l'avenir de la lutte croate est prometteur. Ils sont intelligents, passionnés et savent expliquer "POURQUOI" ils entraînent."

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Les lutteurs se sont illustrés lors du tournoi du festival de lutte à Poreč(Photo: United World Wrestling)

Tournoi du Trophée Adriatique & Festival de lutte

Le tournoi du Trophée Adriatique (U20) et du Festival de lutte (U15 & U17) ont eu lieu les 27 et 28 mai, offrant une plateforme pour plus de 300 lutteurs de gréco-romaine et de lutte féminine (U15, U17, et U20) afin de montrer leurs compétences sur une grande scène.

Avec l'appui de la United World Wrestling, ce tournoi a garanti le plus haut niveau de compétition, attirant les meilleurs talents de différents pays. Il a servi de plateforme inclusive pour tous les lutteurs, leur permettant de montrer leurs capacités et de briller. La célèbre quadruple championne olympique cubaine, Mijain LOPEZ NUNES, était présente pour assister à l'action.

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Les champions olympiques Zhan BELENIUK (UKR) et Mijain Lopez s'entraînent ensemble au camp d'entraînement de gréco-romaine en Croatie. (Photo: United World Wrestling)

Les camps d'entraînement internationaux (GR, WW)

L'une des particularités du Festival de lutte de Poreč 2023 est l'intégration par l'UWW des camps d'entraînement féminins afin d'aider les athlètes à affiner leurs techniques et leurs connaissances tactiques.

Traditionnellement, la Croatie est connue pour ses stages de haut niveau en lutte gréco-romaine, régulièrement organisés à Poreč. Du 29 mai au 2 juin, la médaillée de bronze olympique Clarissa CHUN (USA) a dirigé un camp d'entraînement féminin réunissant 13 nations et plus de 100 athlètes de lutte féminine.

Grâce au soutien d'UWW, il s'agit du plus grand camp d'entraînement de lutte féminine que la Croatie ait jamais accueilli, et nous sommes déterminés à développer continuellement la lutte féminine dans la région", a déclaré le Secrétaire général de la Fédération croate de lutte, Tin BREGOVIC. "La majorité de nos lutteuses sont jeunes et ce camp leur a offert une excellente occasion d'apprendre auprès d'entraîneurs réputés et de s'entraîner avec d'autres athlètes de leur âge afin de promouvoir le développement de leurs compétences. La combinaison d'entraîneurs de classe mondiale et de participants internationaux conduira sans aucun doute à une amélioration significative de l'ensemble du paysage de la lutte."

Edit DOZSA (ITA) a également donné une session sur les règles de la lutte féminine le 30 mai. De plus, une soirée de jeu sur les règles de la lutte féminine a été organisée dans la soirée pour renforcer les connaissances acquises dans un environnement amusant et compétitif. Les gagnantes ont reçu des chaussures de lutte Nike.

Une session sur la protection des athlètes a également été organisée pour tous les athlètes et entraîneurs participants le 1er juin.

Séminaires sur le développement de la lutte féminine

Le Docteur, Mme Kuniko TANIOKA (JPN), Vice-présidente de la Fédération japonaise de lutte, Présidente et Présidente de l'Université Shigakkan, et le Docteur Hideyuki GOTO (JPN), Professeur, Manager du Club et Médecin de l'équipe du Club de lutte de l'Université Shigakkan, ainsi que le Prof. Mario Baić (CRO), doyen de la Faculté de kinésiologie de l'Université de Zagreb, ont dirigé les séminaires éducatifs pour les entraîneurs et les athlètes, axés sur les domaines de la prévention des blessures en lutte féminine, de la nutrition et de la préparation physique pour les lutteurs d'élite.  

Le Festival de lutte de Poreč a été un grand succès, combinant des séances d'entraînement avec des séminaires éducatifs et permettant aux entraîneurs et aux athlètes de différentes nations de disposer d'une plateforme d'échange d'experts. Combiné avec des événements sociaux et des excursions, le festival a été une véritable célébration de la lutte, aidant à rassembler les meilleurs experts et athlètes de ce sport. 

Mariage, enfant et diplôme de médecine sur la route des JO de Jane Valencias (MEX)

By Eric Olanowski

CORSIER-SUR-VEVEY, Switzerland (April 7) – Il aura fallu dix ans, trois pays, un mariage, un enfant et un diplôme de médecine à Jane VALENCIAS pour que le Mexique obtienne sa première qualification olympique en lutte féminine. 

“Ma mère m'a appris que si je travaillais dur, j'arriverai là où je le voudrais," raconte Jane.  “En regardant maintenant mes réussites, je crois qu'elle avait raison.”

Ce qu'elle voulait fut toujours clair : mère, médecin et lutteuse olympique. Mais l'obtenir exigea patience et sacrifice. 

"J'ai commencé mes études en 2009 et les ai terminées en 2019. Il faut normalement six ans du début à la fin, mais il m'a fallu 10 ans parce que je les ai arrêtées deux fois pour lutter."

Jane Valencia a obtenu son diplôme de l'université Guadalajara Lamar au printemps 2019.

Aujourd'hui la combative “Drsse Valencia”, 57kg, cherche à obtenir sa licence pour lutter au Mexique et aux Etats-Unis. Son mari, le vice-champion olympique 2012 Jaime ESPINAL (PUR), est portoricain et obtenir pour Jane sa licence aux USA lui permettrait de lutter au Mexique, aux Etats-Unis et à Porto-Rico, un territoire américain. “Cela me prendra du temps. La procédure durera un an, un an et demi," dit-elle. "Mais après les Jeux, j'espère avoir assez d'argent pour payer la paperasserie et le test pour passer ma licence."  

Après son diplôme, Jane a déménagé du Mexique aux Etats-Unis pour rejoindre son mari et s'entraîner au club de lutte de Nittany Lion sous la tutelle des champions olympiques Cael SANDERSON (USA) et Jake VARNER (USA). Un tout petit peu plus d'un an après être remontée sur les tapis, elle est devenue la première lutteuse mexicaine de l'histoire à atteindre les Jeux Olympiques, grâce à une victoire en 57kg au tournoi panaméricain de qualification olympique d'Ottawa.

Jane VALENCIA'S (MEX) avec sa fille Joy au sommet du podium du tournoi panaméricain de qualification olympique. (Photo : Tony Rotundo)

Après avoir échoué d'un combat pour se qualifier aux Jeux de Rio en 2016, Valencia a fait une pause de trois ans avant de réaliser qu'elle avait quelque chose à se prouver. Au milieu de cette retraite, jalonnée d'expériences marquantes telles que se marier, donner naissance à un enfant et passer son diplôme de médecin, Valencia a pu observer les réussites de Natalia VOROBEVA (RUS) et Sofia Mattsson (SWE) après leurs accouchements.

"J'ai pris Vorobeva et Mattsson comme exemple. Elles ont fait leur retour après avoir eu un enfant et étaient très bonnes. Cela m'a montré que je pouvais être maman et toujours bonne en lutte."

"Je sais que c'est fou, mais quelque chose à l'intérieur de moi me disait que j'avais besoin de revenir. Je révais toutes les nuits de remonter sur le tapis. Vous savez, quand vous luttez, vous n'arrêter jamais vraiment. C'est une part de votre vie."

Valencia, qui a donné naissance à sa fille Joy le 31 mai 2017, est remontée sur le tapis pour la première fois en février 2019 à l'occasion du Cerro Pelado. Elle fut vaincue en finale par Amanda HERNANDEZ (CUB) et dut se contenter de la médaille d'argent. Sa deuxième apparition prit place une année plus tard à Ottawa, au Canada, pour le tournoi panaméricain de qualification olympique, où elle devait atteindre les finales pour composter son ticket pour les JO.

Quelques jours avant cette compétition, elle déclarait : "Tout le monde veut gagner le qualificatif. Je savais que [la championne olympique, ndlr] Helen [Maroulis, ndlr] serait là, alors je me suis entraînée en préparant mon mental pour lutter les meilleurs combat de ma carrière." 

A Ottawa, Valencia a ouvert les feux par deux victoires décisives sur Betzabeth SARCO COLMENAREZ (VEN) et Nes RODRIGUEZ TIRADO (PUR) -- pour atteindre un combat quitte ou double pour la qualification olympique face à la championne du monde en titre canadienne Linda MORIAS (CAN).

La scène était montée et l'enjeu simple : vaincre Morias et aller aux JO ou perdre et rentrer comme en 2016, sans place olympique.

Rejoignant les demi-finales, Jane se disait : "Aie foi en toi-même, ta préparation et lutte. Amuse-toi."  

Lors de ce combat, Jane barra une précoce tentative de double ramassement de jambe de la part de Morais, contre-attaquant en projection en prise de bras par la droite et amené au sol, prenant la tête 4-0. "Je l'avais vue lutter avant, alors je savais parfaitement ce qu'elle tenterait de faire."  

En fin de partie, c'est un ramassement de jambe intérieur que stoppa Jane avant de projeter Morais au sol à nouveau. Mais cette fois, ce fut pour un infliger un tombé à la championne du monde. "A ce moment, je ne pensais pas à ce qui allait advenir. J'ai seulement réagi : je me suis relaxée, et mon corps a réagit."

Grâce à cette victoire sur Morais, Jane Valencia est devenue la première Mexicaine de l'histoire qualifiée pour les Jeux Olympiques.

Elle espère ainsi montrer aux jeunes Mexicaines qu'elles ont un modèle à suivre. "Je n'avais pas de modèle, alors j'ai fabriqué mon propre exemple," dit-elle.

"Maintenant, c'est une chance énorme. Avant, les jeunes filles avaient au Mexique un rêve olympique, mais elles n'avaient pas d'exemple. Elles n'avaient personne à suivre. Maintenant qu'elles ont vu quelqu'un atteindre cet objectif, elle peuvent se dire 'Moi aussi je peux me qualifier'."

Jane continue sa préparation pour les Jeux tout en s'entraînant au Nittany Lion. Elle aspire à devenir médaillée olympique mais dit que remporter une médaille olympique ne la définirait pas en tant que lutteuse, femme ou mère. "Gagner une médaille olympique est mon objectif pour l'instant. Mais nous valons plus qu'une médaille et une médaille ne change pas votre vie. Une médaille n'est pas suffisante pour faire de vous une bonne personne."

Dans un message à destination de la communauté de la lutte, elle déclare :“Ces moments où nous sommes à la maison, ignorant de ce que le futur nous réserve, je vous demande d'être patients et d'avoir la foi. Ayez la foi que ceci arrivera, que nous remonterons sur les tapis pour faire ce qui nous passionne. Gardez votre esprit occupé avec les petites choses du quotidien et vivons un jour à la fois. Restez positifs, en bonne santé et, par-dessus tout, concentrez-vous sur l'objectif qui nous attend.”