L'Hebdo !

L'Hebdo du 7 janvier !

By Eric Olanowski

En revue, les opérations chirurgicales d’Akgul et de Yazdani, le retour de Taylor sur le tapis après une mise à pied de 8 mois, un regard sur les inscriptions du Matteo Pellicone/#WrestleRome, les Lutteurs de l’année 2019 et la quête de Susaki pour l’or olympique.

1. Les champions olympiques Akdul et Yazdani absents cette saison
Les champions olympiques de Rio 2016 Aha AKGUL (TUR) et Hassan YAZDANI (IRI) ont annoncé qu’ils feront l'impasse sur une bonne partie de la saison 2020 après avoir chacun subi une opération chirurgicale au cours de ces dernières semaines.

Akgul a déclaré à United World Wrestling : « J'ai chuté sur mon épaule durant l'entraînement. Je serai de retour dès que possible… j’espère avant les Jeux Olympiques. » Le médaillé d'or olympique en lutte libre 125kg a subi une opération à son épaule gauche et s’attend àêtre absent au moins 3 mois. « Je vais me reposer pendant deux mois. Puis le processus de physiothérapie commencera. Je recommencerai les entraînements dans trois mois. »

Yazdani, champion olympique et deux fois champion du monde en 86kg, a subi une opération de son genou droit et sera sur le banc de touche pendant au moins deux mois. La superstar iranienne a déclaré à United World Wrestling : « L’opération a été un succès. Je vais bien maintenant. Je commencerai les entraînements sur le tapis dans deux mois. Je suis dans un bon esprit désormais. Voyons ce qui va se passer dans le futur. »

2. Les inscriptions du Matteo Pellicone publiées 
Le premier arrêt de la route des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 est programmé à Rome pour le premier des deux évènements de séries de classement (ESC), le Matteo Pellicone.

Le tournoi de trois jour se déroule du 15 au 18 janvier à Ostia, une cité portuaire de la Rome antique, située à 30 km du centre-ville.

7 champions du monde en titre et 31 médaillés mondiaux 2019 croiseront le fer sur les tapis. La lutte libre n'accueillera pas moins de 9 médaillés mondiaux, la lutte gréco-romaine 4 finalistes  de Noursoultan. La lutte féminine couronnera le tournoi avec 18 médaillées mondiales 2019.

Champions du monde inscrits :
LL 74kg - Kyle Douglas DAKE (USA) – double champion du monde des 79kg
LF 57kg - Linda MORAIS (CAN) – championne du monde des 59kg
LF 62kg - Inna TRAZHUKOVA (RUS) – championne du monde des 65kg 
LF 62kg - Aisuluu TYNYBEKOVA (KGZ)
LF 69kg - Tamyra Mariama MENSAH (USA)
LF 76kg - Natalia VOROBEVA (RUS) - championne du monde des 72kg
LF 76kg - Adeline Maria GRAY (USA) 

Cliquez ICI pour la liste complète des inscriptions du Matteo Pellicone.

3. David Taylor prépare son retour 
David Taylor (USA) a annoncé sur ses chaînes de réseaux sociaux qu’il revenait sur les tapis après un arrêt de huit mois : « Chers tous, je suis de retour. Je vous verrai bientôt. »

En 2018, Taylor était resté invaincu tout au long de la saison, s'emparant des titres du championnat du monde en 86kg, du championnat panaméricain, du Ivan Yariguin et du Yasar Dogu.

Mais en mai, en chemin pour défendre son titre mondial, il a subi un revers malheureux.

Au Beat the Streets de New York, en combat contre Drew FOSTER (USA), Taylor s’est couché au bout de 31 secondes, visiblement blessé au genou droit. Durant la séquence d’ouverture du combat, Foster a lancé un ramassement de jambe par dessous, passant entre les jambes de Taylor. Surgissant dans le dos de son adversaire, Foster a isolé la jambe droite de Taylor. Foster, sur sa main droite, s'est ensuite jeté sur sa hanche gauche - au moment où Taylor cessait de lutter et saisissait son genou droit. Le tenant du titre mondial a bien essayé de continuer mais son genou droit a cédé la première fois qu’il a mis tout son poids dessus, le forçant au forfait sur blessure.
 

4. Susaki s'assure une place dans l'équipe japonaise du tournoi de qualification olympique d'Asie ; Otoguro verrouille la sienne en équipe olympique
Yui SUSAKI (JPN) et Rei HIGUCHI (JPN) pensaient leurs espoirs de médaille d’or aux Jeux Olympiques de Tokyo évanouis, mais toutes les cartes ont été rebattues après leurs victoires au championnat du Japon il y a quelques semaines.

Susaki avait vu ses rêves olympiques s’effondrer devant ses yeux lors de sa défaite en éliminatoire contre Yuki IRIE (JPN) le 6 juillet dernier. Ou tout du moins elle le pensait. Mais après la décevante prestation d’Irie à Noursoultan, Susaki s’est vue octroyer une chance de reprendre sa place initiale. Et elle en a profité pleinement.

Pendant les vacances, en finale du championnat du Japon, Susaki a franchi une étape importante pour reprendre sa quête de gloire olympique en prenant sa revanche sur Irie. La double championne du monde a surpassé Irie dans une bataille tactique remportée 2-1, verrouillant sa place dans l'équipe japonaise du tournoi de qualification olympique d'Asie. Il lui reste à se rendre à Xi’an, en Chine, en mars prochain, et terminer dans l'une des deux premières places pour cimenter celle du Japon aux Jeux Olympiques en 50kg.

Le vice-champion olympique de Rio 2016 Rei Higuchi sera également à Xi’an après être passé de 65kg à 57kg et avoir renversé le champion du monde 2017 Yuki TAKAHASHI dans une extraordinaire finale des 57kg, remportée 7-6.

Il est aussi à noter que Takuto OTOGURO a verrouillé sa place dans l’équipe olympique du Japon des 65kg. Le champion du monde 2018, qui a assuré une place olympique au Japon en 65kg avec une cinquième place au championnat du monde de Noursoultan en 2019, a survolé la finale pour une victoire sans appel 10-0 sur Rinya NAKAMURA.
 

Cliquez ICI pour une analyse complète du championnat du Japon (en anglais).

Équipe olympique du Japon: 
Lutte libre
65kg - Takuto OTOGURO

Lutte féminine 
53kg - Mayu MUKAIDA
57kg - Risako KAWAI 
62kg - Yukako KAWAI 
76kg - Hiroe MINAGAWA

Lutte gréco-romaine 
60kg - Kenichiro FUMITA 

Équipe japonaise du tournoi de qualification olympique Asie #WrestleXian
Lutte libre 
57kg - Rei HIGUCHI
86 kg - Sohsuke TAKATANI 
97kg - Naoya AKAGUMA 
125kg - Tetsuya TANAKA 

Lutte gréco-romaine 
67kg - Shogo TAKAHASHI
77kg - Shohei YABIKU 
87kg - Masato SUMI
97kg - Yuta NARA 
130kg - Arata SONODA 

Lutte féminine 
50kg - Yui SUSAKI 

Éliminatoires olympiques japonais
FS 74kg - Shinkichi OKUI vs. Keisuke OTOGURO
WW 68kg - Sara DOSHO vs. Miwa MORIKAWA

5. United World Wrestling nomme Chamizo, Mensah-Stock et Lorincz Lutteurs de l'Année
United World Wrestling a annoncé les gagnants du Prix des Lutteurs de l’Année 2019 : Frank CHAMIZO (ITA) en lutte libre, Viktor LORINCZ (HUN) en lutte gréco-romaine et Tamyra MENSAH (USA) en lutte féminine.

Chacun des trois gagnants a reçu un prix de 30'000 francs suisses. Ceux arrivés en seconde place reçoivent 20'000 CHF et les troisièmes 10'000. United World Wrestling s'est engagé à augmenter les incitations financières d’une manière durable et égale pour tous les athlètes.

Les gagnants de la récompense ont été sélectionnés sur la base de leurs performances aux événements de série de classement, aux championnats continentaux et aux championnats du monde de cette année. Les gagnants ne devaient pas être champions du monde 'seulement' - un changement notable par rapport à l’année dernière.
 

Cliquez ICI pour une analyse complète des Lutteurs de l'Année 2019 (en anglais).

Lutte libre
1. Frank CHAMIZO (ITA, 74kg), 106 points
2. J'den COX (USA, 92kg), 90 points
3. Geno PETRIASHVILI (GEO, 125kg), 88 points

Lutte gréco-romaine
1. Viktor LORINCZ (HUN, 87kg), 92 points
2. Shinobu OTA (JPN, 63kg), 88 points
3. Zhan BELENIUK (UKR, 87kg)/Musa EVLOEV (RUS, 97kg), 82 points (5'000 CHF chacun)

Lutte féminine
1. Tamyra MENSAH (USA, 68kg), 108 points
2. Aisuluu TYNYBEKOVA (KGZ, 62kg), 94 points
3. Aline ROTTER FOCKEN (GER, 76kg), 87 points

L'Hebdo dans les réseaux !

1. Big Move Monday -- Ciobanu V. (MDA) -- Ch/at du Monde Senior 2019 #WrestleNursultan
2. #ScoreThat : Quels points donner pour cet échange entre ? et ??
3. #TBT - Gray raffle trois titres mondiaux sur 5
4. Souriant dimanche !
5. Quel taux de remplissage en 76kg pour le Matteo Pellicone #WrestleRome ?

Grace Bullen : une vision du monde unique et ambitieuse

By

Née en plein conflit et tourmente en Erythrée, dans la Corne de l'Afrique, la championne de lutte Grace BULLEN (NOR) a traversé plus d'une épreuve.

Les Bullen ont fui la guerre du Soudan pour l'Erythrée pour vivre en paix et fonder une famille loin de la violence qui régnait chez eux. Le 7 février 1997, Grace Bullen est née.

"Ma famille s'est échappée du Soudan pour l'Erythrée pour que leurs enfants soient sains et saufs, mais la guerre a recommencé peu après ma naissance et nous avons du traverser le pays" raconte Bullen.

Pendant quatre ans, Bullen et sa famille ont dû fuir les conflits militaires qui gagnaient le pays.  La jeune fille a passé des années à se déplacer sans cesse.

La région était extrêmement pauvre. Les ressources étaient maigres. L'Erythrée n'était plus un refuge.

Bullen et sa famille ont eu la chance de pouvoir sortir d'Erythrée et de se rendre en Norvège, ou ils habitent encore aujourd'hui.

A leur arrivée, le père de Bullen a inscrit sa fille à des cours de lutte, principalement pour qu'elle soit prise en charge durant la journée. Ce qui a commencé par être une corvée s'est ainsi transformé en aventure prometteuse et marquée par la passion.

"La lutte m'a formée en tant que personne car j'ai du apprendre à me faire confiance alors même que j'avais peur" déclare Bullen. "Je ne parlais pas la langue. Je ne voulais pas l'apprendre. Je ne voulais pas faire de nouvelles rencontres car j'avais peur que nous devions encore partir".

Une fois que Bullen a réalisé qu'elle serait chez elle en Norvège, et qu'elle a commencé à s'enraciner, la jeune fille a vu ce que la lutte pouvait lui amener.

"J'ai réalisé que nous allions rester ici après quelques temps. C'était un lieu sûr. J'ai commencé à m'engager dans des activités en dehors de la lutte et à m'investir auprès des gens" continue-t-elle.

Les relations qu'elle a noué dans le monde de la lutte ont facilité sa vie. Elle a mis à profit le temps qu'elle passait dans les salles d'entrainement pour apprendre le norvégien. Graduellement, elle a réalisé l'opportunité qui se présentait à elle.

"J'ai appris que je pouvais faire de grandes choses. Je ne suis pas seulement venue dans ce merveilleux pays en tant que réfugiée. Je peux faire quelque chose de cette expérience, saisir la chance qui m'a été donnée, et représenter mon pays, mes deux pays, et c'est fantastique" déclare Bullen.

Bullen connait un succès mondial dans le monde de la lutte. Elle a notamment remporté une médaille d'or aux Championnats d'Europe Senior, trois titres aux Championnats d'Europe Junior, l'or aux Jeux Olympiques de la Jeunesse et l'or aux Championnats du Monde Cadet. Et ces récompenses ne sont qu'une esquisse de ce qu'elle est capable d'accomplir.

Cette semaine, Bullen a participé à ses premiers Championnats du Monde Junior et a remporté le bronze à 59 kg. Elle a gagné trois fois par tombé sur quatre matchs. Lors du match pour le bronze, elle a battu Jing JIANG (CHN) en seconde période.

"Le sentiment que l'on a lorsqu'on gagne une médaille est fantastique" témoigne-t-elle après sa performance à Tempere, en Finlande. "Je suis très reconnaissante et heureuse de pouvoir représenter la Norvège. Je dois dire que je suis malgré tout un peu déçue. Ce n'est pas que je voulais le bronze en arrivant ici, mais je dois reconnaitre que ce n'était pas mon meilleur jour, et je dois me préparer à cette éventualité pour m'améliorer lorsque cela sera crucial."

En dehors de la compétition, la vision et les expériences de vie de Bullen lui permettent d'apprécier chaque instant.

"C'est toujours impressionnant de voir combien il y a de lutteurs dans le monde, et de pouvoir faire partie de cette aventure. Se qualifier pour les Championnats d'Europe, c'est extraordinaire."

Bullen est habituée à saisir les opportunités qui se présentent à elle. Il y en a deux qui se profilent à l'horizon.

Bullen a récemment annoncé qu'elle allait à nouveau déménager, cette fois-ci pour poursuivre sa formation aux Etats-Unis. Après avoir participé à un camp d'entrainement à Colorado Springs et avoir discuté avec des coaches américains, elle a décidé de se rendre à Campbellsville University au Kentucky cet automne, et d'évoluer sous les couleurs de l'un des meilleurs programmes de lutte féminne des USA.

"Je veux faire partie de quelque chose qui ne cesse de se développer, et il me semble que je l'ai fait avec la Norvège, dans mon club. Je veux voir si je suis capable de le faire ailleurs. Non que je sois une faiseuse de miracle, mais je veux faire partie du voyage. C'est pour cette raison que j'ai choisi Campbellesville." dit Bullen.

Avant de déménager en Amérique, Bullen participera aux Championnats du Monde senior de 2017 organisés à Paris, en France, à la fin du mois d'août. Ses résultats aux Championnats Junior l'encouragement énormément pour Paris.

Dans la victoire ou la défaite, Bullen prend la vie avec un enthousiasme qu'il est difficile d'égaler et une attitude qui apporte la joie à ceux qui l'entourent.

"La lutte m'a donné l'opportunité d'accomplir quelque chose de grand. Je peux aller m'entrainer tous les jours. J'ai la chance de pouvoir voir le monde. J'ai la chance de pouvoir rencontre de nouvelles personnes. Je peux toujours apprendre quelque chose de neuf... je vois tant de gens différents qui parlent d'autres langues et nous ne pouvons communiquer qu'à travers la lutte. C'est comme un autre langage que seuls nous, les lutteurs, connaissons, et c'est ce que j'aime dans la lutte" déclare-t-elle.